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Air; un Libéré cause de Libération

 
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Alta


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MessagePosté le: Jeu 5 Déc - 12:33 (2013)    Sujet du message: Air; un Libéré cause de Libération Répondre en citant

29 novembre 2013
Questions et réponses d'un initié libéré de la dualité illusoire 3 D seule façon de se fondre dans l'unité absolue et véritable
Libération et conscience 

Page 1
A quoi sais-tu que tu es libéré ?
Par le fait même de ne plus rencontrer personne en ce qui me semblait « être », de voir qu'il n'y a aucune entité, Air ou autre, à aucun endroit de ce corps, des pensées, ou des émotions qui le traverseraient, d'être dans l'incapacité de trouver cette entité. Il y a alors libération du fait de croire en l'existence d'une personne que je serais - qui n'a jamais existé - mais qui a guidé ce corps et ce mental pendant des années comme une histoire cohérente, basée sur un mensonge, qui était de fait le mensonge de l'existence de quelqu'un à l'intérieur de ce corps.

A quoi sais-tu que tu es libéré, maintenant ?
D'abord, c'est une question qui n'apparaît pas, que je ne me pose pas. Donc finalement, avant cet état de Libération, la question qui existait, c'était : « Comment trouver la Libération ? » et d'un coup il n'y a plus aucune question.

Donc l'absence de question est un des signes auxquels tu sais que tu es libéré ?
La question va être : « Qui est ce « je » qui est libéré ? » et la disparition du « je », dans toutes ses formes, fait qu'il n'y a plus personne à libérer, et qu'en fait la Libération, ça n'est pas : « Est-ce que ce « je » est libéré ? », c'est simplement qu'il y a Libération du « je ». Le « je » disparaît et cesse, et l'emprisonnement par le « je » cesse. C'est plus quelque chose de ce genre-là qui se passe... C'est-à-dire que ce n'est pas la personne qui est libérée.

Oui, un de tes fameux prédécesseurs a dit : « Ce n'est pas la personne qui est libérée, c'est de la personne qu'on est libéré »...
Tout à fait.

Donc même dans la formulation de ma question « A quoi sais-tu que « tu » es libéré ? », il n'y a aucun « tu » qui puisse être libéré, puisque la Libération n'arrive jamais à « personne »... C'est pourquoi il est très difficile d'interroger un libéré vivant sur son vécu, sur le vécu de qui il n'est plus !
Exactement !

De quoi est-on donc libéré ?
De l'illusion d'être une personne, de l'illusion d'être une âme, de l'illusion d'être une conscience... C'est avant tout la reconnaissance de la conscience pour ce qu'elle est, qui nous libère de la conscience elle-même. C'est la conscience qui nous « colle » à la personne. Et c'est le fait d'être identifié, puisque c'est le mécanisme même de la conscience que d'expérimenter, l'objet même de la conscience que d'expérimenter, tout comme c'est l'objet du mental de mener des réflexions, des séparations... Quand la conscience est reconnue pour ce qu'elle est, alors il n'y a plus d'identification à la conscience, de même qu'il était possible, avant de vivre cette « Libération » de la conscience, d'avoir une forme d'éveil au Soi, au « Je Suis », c'est-à-dire de se placer, de transférer le focus de la conscience de la personne vers l'Être, ce qui amène une distanciation. Mais c'est bien, à un moment donné, de reconnaitre ce qu'est la conscience qui fait la différence.

Ramesh Balsekar, un autre libéré vivant, dit que tout ce qui est, est Conscience. Mais il fait une distinction entre la conscience non-manifestée et la conscience manifestée. Quand tu parles de la « reconnaissance de la conscience pour ce qu'elle est », de quelle conscience parles-tu ?
Je parlais de la conscience manifestée. Quand on reconnait le processus de manifestation de la conscience, l'emprisonnement dans la projection de la conscience et le fait qu'elle vienne s'attacher à tel ou tel objet - qui peut être ce corps, qui peut être l'Etre, qui peut être un arbre ou un autre être avec qui on peut avoir l'impression d'être en fusion - tout cela sont des processus de conscience manifestée... A un moment donné, le processus même de la manifestation de la conscience, son fonctionnement, est reconnu, et du coup il devient possible de se poser dans la conscience non-manifestée, ce que d'autres appellent l'Absolu. A ce moment-là, il n'y a plus ce processus que j'appelle le processus de « glue », de la conscience qui va se « coller » systématiquement. Et tant que la conscience se « colle » à quelque chose, on est dépendant de la conscience. Que ce quelque chose soit l'Etre (le Soi) ou la personne, on est toujours prisonnier de cette « glue ».

Fais-tu une distinction entre le mental et la conscience manifestée ? On est souvent invités dans certains enseignements à observer le mécanisme du mental, pour pouvoir justement s'en désidentifier et en devenir en quelque sorte l'observateur...
Il s'agit de deux choses complètement différentes. Le mental est un mécanisme lié à ce corps, cela fait partie des outils de ce corps, avec un fonctionnement mécanique. Observer le mental peut effectivement permettre de se placer dans l'Etre, et d'observer et de prendre une distance avec ce qui fait la personne, c'est-à-dire avec le mental, les émotions, le corps lui-même. La conscience est tellement souvent citée dans des tas d'enseignements, à plein de niveaux : prise de conscience, expansion de conscience, etc. Or je n'avais jamais compris ce mot avant de « voir » la conscience, pourtant je pense avoir utilisé ce mot souvent ! Il est très difficile de mettre des mots sur ce qu'est la conscience, mais le mécanisme de ce que j'ai pu en percevoir, c'est que le fait d'amener à changer la conscience de support, permet (ou pas !), de reconnaitre la conscience Si la conscience est « collée » sur le corps, alors il y a identification complète à la personne. Si la conscience vient se « coller » sur l'Etre, il y a désidentification de la personne mais identification à un « Je suis » beaucoup plus large. Si la conscience se « colle » sur un arbre et qu'on entre en fusion avec l'arbre, il y aura cette impression de communion. Et tous ces changements permettent, à un moment donné - qui ne sera jamais décidé, ni par la conscience, ni par la personne - de reconnaitre la conscience. Il ne s'agit pas d'un cheminement logique, car si on suivait une logique, on serait alors dans un cheminement mental, ce qui voudrait dire que la conscience serait « collée » au mental. Et ça n'est pas en collant la conscience par un cheminement logique qu'on décolle la conscience.
Donc, c'est accepter tous les bouleversements sans forcément en chercher la raison, sans forcément se rattacher à une forme de logique. C'est en acceptant d'être au milieu d'une tempête en laissant être les choses, qu'à un certain moment, sans qu'il y ait aucune volonté de reconnaissance de la conscience, que la conscience est reconnue. Il est possible, par tout un tas de pratiques qui sont innombrables, de passer de la personne à l'Etre, et de là de reconnaître que l'Etre fait lui-même partie de l'illusion, mais sans chercher à trouver ce qu'il y aurait derrière... Après, cela ne dépend plus du tout, ni de l'Etre ni de la personne : ça vient à notre rencontre. Et c'est l'essence même de ce que nous sommes.
Et tant qu'on le cherche, on ne peut pas le trouver. C'est comme si vous cherchiez toujours votre cœur autour de vous : vous ne le verrez jamais ! A un moment donné, ce qui est à l'intérieur ne sera jamais perçu par les outils qui vont voir à l'extérieur...

Cela me fait penser à une mouche sur une vitre. Si on focalise sur la mouche, on ne voit pas le paysage qui est en arrière-plan, et si on regarde le paysage, on ne voit plus la mouche sur la vitre...
Quand on regarde la mouche, on pourrait dire que c'est comme être dans la personne : la conscience regarde la personne, le « je ». Quand on regarde le paysage, on ne voit plus le « je » et on est l'Etre, le « Je Suis ». Quand on reconnait le principe de focus sur la mouche ou sur le paysage, il est possible de n'avoir de focus ni sur la mouche, ni sur le paysage, d'être les deux en même temps et ni l'un ni l'autre.

Oui, c'est la disparition de la focalisation, et c'est pour cela que c'est si irreprésentable pour celui qui ne le vit pas encore...
Parce que les seuls outils, pour celui qui ne le vit pas encore, pour essayer de l'appréhender, vont être l'Etre ou le mental, donc deux outils qui sont des focus, qui sont deux façons dont la conscience se « colle »...

Tu as dit tout à l'heure, que le fait de reconnaître le fonctionnement de la conscience ne garantit pas l'accès à la Libération. Tu n'en as pas parlé comme d'un pré-requis mais, pour toi, c'est passé par là, par cette étape. C'est ton expérience...
Je me garde bien de présenter mon expérience comme un chemin universel. La reconnaissance de la conscience : « Ah OK, ça se « colle »... « Je suis en train de me coller là, et de me coller là... » et, à un moment donné, en un temps très court, en quelques secondes : « Mais, est-ce que je peux ne pas me coller ? » Hop, et là apparaît (ça n'est pas le mot)... on se retrouve dans ce que tu appelais la conscience non-manifestée ou l'Absolu, par le simple fait de dire : « Tiens, OK, si je ne la colle pas, qu'est-ce qui se passe ? » En tout cas, c'est ce qui s'est passé pour moi. Cela a été suivi d'une compréhension de tellement de choses que j'avais pu lire, et puis surtout de cette constatation que c'est tellement simple, tellement simple ! Pourquoi n'a-t-il jamais été dit que c'est tellement simple ? Pourquoi a-t-on fait de la recherche de ce que nous sommes par essence quelque chose de si difficile ? Et dans un second temps, je me suis dit : « Combien de fois j'ai entendu que c'était simple ! ». Mais en fait, même quand j'entendais que c'était simple ou que je lisais que c'était simple, même le mot « simple » était plus compliqué que la simplicité qui émerge. Et il y avait donc cette joie, cette gratitude, cet amusement : « Mais c'est tellement simple, léger, naturel, sans effort ! Tout ça pour ça ?! »

Libération et conscience - Page 2 



Ce qui est troublant pour ceux qui ne sont pas encore retournés à la « vraie » Vie, c'est que ça ne se manifeste pas aux yeux des non libérés par des signes extérieurs repérables. C'est sur le fondement du seul témoignage des libérés vivants que l'on sait qu'ils le sont. Parce qu'on n'en voit aucune manifestation extérieure : c'est parfaitement non spectaculaire ! Alors, ce témoignage passe forcément par une sorte d'auto-proclamation, parce que personne ne peut témoigner pour l'autre du fait qu'il est libéré...
« Personne » ne peut témoigner, puisqu'il n'y a plus personne pour témoigner, ni à l'extérieur, ni à l'intérieur ! Le libéré n'a que faire d'être reconnu comme libéré. Aucun libéré n'ira proclamer le fait qu'il est libéré.

Pourtant c'est bien ce qu'il semble se passer... C'est-à-dire que les libérés témoignent de ce qu'est la Libération qu'ils vivent.
Il y a une différence entre témoigner et proclamer. C'est-à-dire que le témoignage, ce sont des mots envoyés dans cette illusion - accompagnés des vibrations qui vont avec - mais on va dire que c'est une énergie et des mots envoyés dans cette illusion, sans aucune intention particulière. Il n'y a aucune intention de changer quoi que ce soit, ni au niveau de l'humanité, de la Terre, de l'Univers ou de la personne, à aucun niveau. Donc le témoignage émerge. La proclamation serait un processus pour amener une reconnaissance. A quoi bon évoquer la Libération comme un programme automatique ? Quand il y a reconnaissance qu'il n'y a personne, à quelque niveau que ce soit, il ne peut pas y avoir non plus la croyance qu'il y a des personnes à aider, ou une reconnaissance à recevoir de personnes à l'extérieur de ce corps. Je pense qu'aucun libéré n'a jamais cherché à le faire connaitre...
On nous dit que nous sommes des personnalités, que nous avons des personnalités. En langue des oiseaux, il y a des personnes, avec leur corps, leur mental, et quand la conscience vient se coller dessus, ça devient une personne-alitée, une personne malade ! Et l'ambiguïté du mot « personne » en français qui nous dit qu'il y a quelqu'un et qu'il n'y a personne en même temps... Cette ambiguïté est là en permanence, sans que ça gêne qui que ce soit !

Au sujet du témoignage, Tony Parsons dit qu'il ne peut pas ne pas témoigner, il est un témoin passionné, sans la moindre intention de changer ou d'améliorer quoi que ce soit, car il n'est rien qui ne soit pas déjà Cela...
J'ai beaucoup de plaisir à en parler, à échanger là-dessus. Mais il y a aussi une reconnaissance de la peur ou des résistances que cela peut générer chez d'autres personnes (il n'y a personne, mais il y a quand même une peur, qui n'existe pas mais qui est quand même là !), et du coup c'est en cela qu'il y a une joie à témoigner, mais il n'y pas non plus une absolue nécessité de le faire en ce qui me concerne. C'est une petite gourmandise ! Et il pourrait être complètement envisageable de n'en parler à personne. Il n'y a rien à changer dans la pièce de théâtre. Si l'ensemble des consciences présentes dans cette pièce de théâtre veulent continuer de croire à la pièce de théâtre, pourquoi les en empêcher ?

Est-ce que tout est parfait ?
Rien ne peut être ni parfait ni imparfait. La conscience expérimente ce qu'elle peut expérimenter. Par exemple le soleil rayonne sa chaleur, sa lumière, et on les reçoit sur Terre et ça nous semble parfait parce qu'on peut se dire que ça fait un peu de chaleur, que ça fait de la lumière. Par contre, si on pose le pied sur le soleil, ça nous semblera moins parfait, mais ce sera toujours une vision tronquée, de séparation, de l'expérience. Chaque chose se fait.

Dire que tout est parfait, ça serait une façon de qualifier la Création, ou de qualifier l'expérience. Il arrive ce qui arrive, qui n'est ni parfait ni imparfait. C'est la vie qui coule...
Oui, c'est tout à fait ça, la conscience vit cette expérience. Elle peut se mettre en résistance avec cette expérience, ou elle peut se mettre en fusion avec cette expérience : ça donnera une impression, une coloration complètement différente de l'expérience, mais l'un comme l'autre, ça n'a aucune importance.

Il n'y a pas une troisième posture qui serait celle de l'observation, se mettre en distance, en témoin ?
Est-ce que l'observation n'est pas un focus de la conscience du point de vue de l'Etre ? Et cette prise de distance même est une manière différente de vivre l'expérience. Finalement, peu importe que l'expérience soit vécue de manière dramatique, de manière euphorique, ou en étant observateur, c'est juste une expérience, qui passe, qui n'a aucune incidence sur l'essence.

Et alors de ton point de vue, est-ce qu'une « expérience » se vit encore, en tant que telle ?
Il y a toujours une conscience, il y a toujours un corps, il y a toujours un mental qui permet de communiquer, donc les outils de l'expérience sont toujours là.

Qu'est-ce qui a changé dans ta perception du monde ? Est-ce qu'il y a un avant-après ?
Oui, il y a un avant-après dans le sens qu'il n'y a plus personne pour croire à l'histoire. Donc il n'y a plus de drame, il n'y a plus d'euphorie, et pour autant il y a prise en compte du drame de l'autre, parce qu'il y a respect de l'histoire de chacun, même si cette histoire est complètement illusoire. Par exemple, c'est un élément important dans la vie quotidienne, il y a le déroulé d'une vie familiale qui pourrait sembler classique, qui est complètement classique, avec le respect des mélodrames de chacun. Cela ne vient plus créer de mélodrame dans cette personne. La perception de ce monde est forcément modifiée par le fait même du dévoilement de l'illusion de ce monde. C'est comme quand on va au cinéma, on est dans l'histoire, on est pris dans l'histoire, on est tendu dans l'histoire, mais si à un moment donné notre voisin vient à nous bousculer, on sort de l'histoire, on se rend bien compte qu'on n'est pas dans l'histoire, et d'un coup le drame qui se passe sur l'écran n'existe plus, ou en tout cas l'intensité de l'écran disparaît. Là, c'est la même chose : le film continue de se projeter, il y a toujours un corps, un fonctionnement qui se projette lui-même au sein de ce film et de cette histoire, mais il ne fait plus partie de l'histoire.

Tu disais : il n'y a plus de drame, il n'y a plus d'euphorie... Il n'y a plus d'espoir non plus, plus d'attente ?
Est-ce que l'espoir a encore un sens ?
Mais l'espoir de quoi ?

Beaucoup de personnes vivent d'espoir, survivent d'espoir, l'espoir que « ça va s'arranger » !
Et quand il n'y a plus rien à arranger, il y a juste ce que certains pourraient appeler une joie profonde, une quiétude profonde... Ce qui est particulier, c'est qu'on vit par ailleurs une période de changements importants, qui font que dans les vécus dont je peux témoigner, j'ai parfois éprouvé une sorte de « morsure de joie », c'est-à-dire une joie tellement forte, prenante, qu'elle en est douloureuse.. et que même cette douleur est jouissance. Alors, je ne sais pas à quoi elle est due, mais c'est là...


...
Libération et conscience - Page 3 



Qu'en est-il du temps et de l'espace ?
Voilà un point qui permet de bien déstabiliser le mental : aller au bout du temps et de l'espace... Parce que c'est quand même l'observation de ces deux points qui a permis, dans l'histoire dont je témoigne, d'atteindre la Libération. C'est d'observer que le temps et l'espace n'existaient pas, et surtout d'observer les deux éléments séparément, d'observer la notion du temps en se disant : « OK, si l'espace n'existe pas mais que le temps existe, qu'est-ce que ça implique, qu'est-ce que ça signifie ? » Donc si l'espace n'existe pas et que le temps existe, ça signifie que je suis partout simultanément, et que je suis tout à la fois. Donc le temps n'est pas un élément de séparation, ce qui signifie que la séparation viendrait de l'espace... Mais si on observe l'espace tout seul, si l'espace existe et que le temps n'existe pas, ça signifie aussi que je suis partout à la fois puisque, que je sois dans tel endroit dans une demi-heure ou dans une heure n'est pas possible si le temps n'existe pas... Ca veut dire que je pourrais être simultanément à tous les endroits, que je serais partout. Donc l'espace seul ne suffit pas non plus à créer la séparation.

Je résume rapidement, c'est une réflexion qui n'avait pas été longue, mais qui avait été intense, qui mérite d'observer avec rigueur, sans laisser aucun répit au mental, de l'obliger à aller au bout de cette réflexion. Parce que c'est un élément fondamental : si le temps seul ne permet pas la séparation et que l'espace seul ne permet pas la séparation, comment expliquer que le temps, couplé à l'espace, permette la séparation ?
C'est un processus mental qui avait abouti à un électrochoc, et qui me permettait d'être clair sur le fait que la séparation ne pouvait être qu'une illusion. La combinaison du temps et de l'espace crée l'illusion d'une séparation, mais ne peut pas créer la séparation puisque ni l'un ni l'autre pris isolément n'est capable de créer la séparation.

Tu as dit « Si l'espace n'existe pas et que seul le temps existe, cela signifie que je suis partout et que je suis tout », et ce qui me frappe, c'est que tu as répondu à la question du temps seul, en termes d'espace, parce que « être tout » et « être partout », ce sont d'abord des paramètres spatiaux. C'est comme si tu démontrais en même temps qu'il n'y avait que de l'espace...
Au final, ni le temps ni l'espace n'existent. J'essayais là de me remémorer un processus mental qui avait permis de créer un décrochage du focus de la conscience. Il s'agit là d'être libéré de tout emprisonnement lors de la projection de la conscience, et effectivement, par rapport au processus d'Ascension de la Terre, de changement de conscience de la Terre, ça ne peut pas concerner l'Absolu, puisqu'il s'agit simplement de changer la bobine du film. C'est un peu comme si on regardait un film, c'est un peu comme si on était prisonnier d'un scénario et que l'Ascension permettait de changer les bobines, donc de changer de film à souhait, il n'empêche qu'on regarde toujours un film.

Et on est toujours dans un temps et dans un espace...
Tout dépend du film ! C'est le film lui-même qui va définir ça. La conscience se collera où elle le souhaite, ou aura la possibilité de se décoller. Je ne peux pas témoigner de l'Ascension, même si indéniablement, il y en a des signes dans ce corps, dans cette personne, dans ce monde, mais ça ne concerne en rien la Libération. Et ce processus, de mon point de vue aujourd'hui, n'a aucun intérêt, si ce n'est de créer des électrochocs au sein de la conscience, et donc de permettre à la conscience d'être reconnue.

Y a-t-il un moyen de parvenir à la Libération ?
Il me semble que le premier élément, (même si encore une fois il n'y a pas de recette parce qu'on ne parvient pas à la Libération : on fait un pas vers elle, et c'est la Libération qui vient nous prendre (mais la question, c'est comment faire ce pas vers elle !), la première chose donc, me semble-t-il, est d'avoir un « objectif » clair et déterminé de trouver qui nous sommes, trouver ce que je suis et trouver ce qui est, quitte à déboucher sur rien, mais trouver la Vérité, quel qu'en soit le prix. Beaucoup de chercheurs spirituels affichent cette volonté, à condition que les nouvelles ne soient pas trop mauvaises, c'est-à-dire que si cela doit m'amener à disparaître, alors je ne suis pas sûr d'avoir vraiment envie de la Vérité, parce que si je disparais, est-ce que je suis sûr de réapparaître ? Et sans la disparition, pas de Libération. Donc la détermination sans faille, quotidienne, à chaque instant, de non pas vouloir atteindre un quelconque niveau, mais de connaître la Vérité, quelle que soit la réponse. On ne peut pas désirer une réponse, désirer entendre quelque chose, et entendre la Vérité. Si on sait déjà la réponse qu'on veut obtenir, alors on n'est pas disposé à entendre la Vérité. Et ça n'est pas en lisant, ou en écoutant, ce que d'autres ont témoigné de la Vérité qu'on verra la Vérité.
C'est vraiment le point déterminant. On vit dans une période où le nombre de chercheurs est vraiment important, et la plupart des chercheurs se sentent authentiques dans leur recherche. Mais s'il y a la peur de disparaître en cherchant la réponse, alors à un moment donné arrivera un blocage. S'il s'agit de trouver les moyens de mieux fonctionner dans ma vie de tous les jours pour mieux réaliser mes projets, alors la Vérité n'arrivera pas. Arrivera une réponse qui sera : « Voilà comment il est possible d'améliorer son quotidien. » Et on se dira « Wouah, j'ai touché une vérité ! », mais c'est simplement qu'on a demandé au film, qu'on a demandé au programme automatique de nous amener des éléments pour mieux fonctionner sur ce plan, donc pour mieux fonctionner dans l'illusion. Tant qu'on cherche à mieux fonctionner dans l'illusion, il est impossible de se libérer de l'illusion : il faut accepter... de tout perdre. Et vraiment j'insiste sur cette notion de tout perdre ! C'était en moi comme une rage : quoi qu'il arrive, quitte à me rendre compte qu'il n'y a que le néant, quitte à être absorbé par le néant, quitte à disparaître à tout jamais ! Mais si je disparais à tout jamais, ça signifie que déjà aujourd'hui je ne suis rien. Donc autant le savoir ! A quoi bon me faire croire qu'il y a quelque chose, ou qu'il y a quelque chose de plus grand, s'il n'y a rien ? Donc, une détermination à aller découvrir cette Vérité. J'aurais vraiment envie d'insister sans arrêt sur ce point-là, tellement il est crucial... Et j'aurais envie de le dire dans toutes les langues et avec tous les mots imaginables, car j'ai tellement vu de personnes, soit se satisfaire en route d'une demi-réponse, soit s'arrêter par peur. Et je n'ai pas envie de dire : « N'ayez crainte, derrière vous allez vous rendre compte que vous êtes le Tout » parce qu'en fait ça voudrait dire qu'on n'est pas prêt à tout lâcher pour trouver la Vérité. On est prêt à tout lâcher à condition de trouver le Tout.
Accepter de disparaître, c'est essentiel. Accepter aussi que le chemin ne doit pas être un chemin de douceur, un chemin de joie, un chemin d'amour. Tout ça, ce sont des réductions de tout ce qu'il est possible de vivre, et s'il est question de passer par des phases de souffrances importantes, peu importe. Si c'est le chemin de vie, si c'est ce qui est vécu au moment où c'est vécu, alors c'est là ! C'est pas que c'est fluide ou pas fluide, que c'est l'ombre ou la lumière : non, c'est là, et il n'y a qu'un seul endroit où on pourra trouver la vérité sur ce qu'on est, c'est dans ce qui est là. Je peux témoigner que je suis effectivement passé par des moments de grâce ces dernières années, mais je suis passé aussi par des phases d'énorme souffrance. J'ai toujours pris ça avec le même accueil. Arrive un moment où il peut y avoir encore de la souffrance physique dans le corps, la souffrance est là, mais vous, vous n'êtes plus concerné par la souffrance. Et même si on est concerné par la souffrance avant d'avoir atteint la Libération, ça ne signifie pas qu'il faut l'éviter. Je ne veux pas dire non plus qu'il faut se complaire dans la souffrance. Ce que je veux dire par là c'est que, que cela soit facile ou difficile - et ça n'est pas que c'est parfait non plus - c'est simplement ce qui est. Or, dans ce qui est, il n'y a pas d'évaluation, et vous allez trouver dans ce qui est, partout, à chaque instant, le Tout.

Donc, y a-t-il ou pas un chemin ?
On peut aussi ajouter que la notion de chemin, elle est complètement fictive et illusoire. Elle fait partie de l'illusion, mais pour autant le chemin ouvre à l'essentiel, c'est-à-dire que le chemin va permettre de tenir le cap de votre objectif. Si l'objectif fondamental, c'est d'atteindre la Vérité, OK, vous n'allez pas dire : « Je veux atteindre la Vérité maintenant », si la réponse de la Vérité a décidé d'avoir lieu maintenant, elle se fera maintenant. Mais il peut se passer un laps de temps entre cette détermination « je veux atteindre la Vérité » et le moment de la Libération. Ce laps de temps entre le moment où la détermination est posée et la Libération, on peut l'appeler le chemin, mais chaque chemin effectivement sera différent, et sur les chemins, il y a tellement de choses qui ont été dites et leur contraire. Certains vous diront : « Il faut avoir un maître », d'autres « Je suis mon propre maître » : tout ça, ce ne sont que des croyances. Peu importe la manière, à partir du moment où votre détermination est devant. Tous les chemins, toutes les voies spirituelles, toutes les voies quotidiennes, puisqu'en fait jardiner peut être un chemin, tout cela n'a d'intérêt que si cela amène des changements de conscience, des « prises » de conscience. Lors d'une prise de conscience, il y a un lâcher de conscience quelque part, pour que la conscience « prenne » quelque chose d'autre... Il y a donc « prise » par la conscience de quelque chose mais au moment de cette prise, quelque chose a été lâché, et ainsi il y a eu un mouvement de la conscience. Et le chemin va amener, à un moment donné - ou pas -, la possibilité de reconnaître ce lâcher de la conscience pour la « prise » de la conscience. Et alors, on se rend compte qu'effectivement il n'y a pas de chemin, et que la seule chose importante, c'était de capter la conscience, de comprendre ce qu'était la conscience, de la « voir » afin de se libérer de la « prise » de conscience.
Et souvent, souvent, la difficulté du chemin, c'est qu'on va rencontrer des dogmes qui peuvent avoir l'effet inverse, c'est-à-dire qu'au lieu de faire que la conscience lâche quelque chose pour prendre ailleurs, pour se poser ailleurs, la conscience au contraire va se fixer sur un chemin, sur une voie spirituelle, sur telle pratique, et du coup va se coller sur cette pratique, ce qui ne permettra plus le mouvement de la conscience. Dès qu'il y a apparition d'une forme d'habitude, d'une forme de certitude, ou d'une croyance, « Je crois que Dieu existe », à ce moment-là, ça veut dire qu'il est temps de se remettre sur le chemin et de remettre la conscience en mouvement, de créer des électrochocs. Il y a cette méthode qui a été utilisée par Sri Nisargadatta et d'autres, qui consiste à déplacer la conscience du « je » au « Je Suis », c'est-à-dire de la personne à l'Etre, et ce pas permet de créer des mouvements de la conscience. Et ces mouvements de la conscience, du « je » au « Je Suis » et du « Je Suis » au « Je », permettent de reconnaître la conscience.

Je comprends que pour toi, dans ton vécu, il y a un critère d'intensité qui a été déterminant : c'est ce que tu appelles justement la « détermination », la détermination à découvrir la Vérité de qui nous sommes. C'est comme si cette intensité avait besoin d'un support, et que ce support était la quête, en quelque sorte, et que sans cette intensité, la quête ne pourrait pas se prolonger. Il y a des chercheurs en quête depuis 30 ans qui ne peuvent pas ne pas être en quête, ils sont portés par cette intensité, cette soif de découvrir la Vérité. Et pourtant, il y a là un hiatus, une discontinuité radicale : tous ceux qui sont aujourd'hui libérés et qui sont passés d'autre part par une longue et intense quête, disent que ça n'est pas à cause de la quête qu'ils sont parvenus à la Libération. Il y a l'exemple d'Osho, qui a été un ascète obsessionnel pendant des années, se conformant à un programme de pratiques extrêmement sévères selon une régularité stricte. Un jour, constatant que cela ne conduisait à rien, il a tout arrêté, et s'est mis à faire la grâce matinée, à boire de la bière et à manger n'importe quoi. Et au bout d'une semaine, il a connu la Libération. Tony Parsons aussi, qui a vécu 3 ans dans l'ashram d'Osho, affirme que sa Libération n'a rien à voir avec sa vie de chercheur... Donc pas de lien direct, mais on pourrait penser que cette intensité les avait conduits à un état de « préparation »...
Les exemples que tu donnes illustrent parfaitement que, si on est installé depuis trop longtemps dans une habitude, il faut changer quelque chose, même si on est habitué à une vie d'ascète avec la croyance que ça va nous conduire à la Libération - et ça n'est pas la vie ascétique en elle-même qui pose problème, rien ne pose problème - mais ce qui est intéressant, c'est le changement au niveau de la conscience. On peut supposer que le fait d'abandonner, après des années d'ascèse, a provoqué un chamboulement qui a ouvert un espace à l'intérieur, et sans ce chamboulement, ce mouvement à l'intérieur, il n'y a pas l'espace. C'est l'illustration parfaite du déplacement de la conscience dont je parlais tout à l'heure.

Et puis il y a aussi ceux à qui la Libération arrive en descendant d'un train, ou à l'âge de16 ans comme Ramana Maharshi.
Cela rejoint aussi ce que j'ai dit précédemment, c'est que la première chose qui arrive, c'est la constatation que : « C'est ça ? C'est si simple ! ». C'est tellement, tellement, tellement simple ! J'étais assis sur le canapé et je me disais : « Pourquoi personne n'a dit que c'était aussi simple ! » Donc, ça n'est pas une histoire de durée, mais c'est cette conscience qui crée un mouvement. Dans mon vécu, cela est passé par cet objectif d'atteindre la Vérité, mais pour d'autres, cela peut être le fait de vivre une NDE et de se rendre compte que quelque chose d'autre existe, et de découvrir ce qu'il y a derrière. Peu importe ce qui crée le chamboulement, mais la conscience ne peut être reconnue que lors d'un mouvement de la conscience. Donc si elle est fixée sur la même croyance, sur le même fonctionnement, sur le même dogme, quel qu'il soit, elle ne pourra pas être reconnue.
Libération et conscience - Page 4 



On pourrait dire qu'il y a un « état de préparation », que quelque chose se rend disponible quand la conscience est reconnue...
Oui, il faut qu'il y ait l'espace pour remettre en cause la croyance au moment du mouvement de la conscience. Mais si on a une croyance, on ne la voit pas en tant que croyance, on en est persuadé... Donc, quand on vient à être heurté par quelque chose, là arrive l'opportunité d'un changement de conscience. Si on est entouré de personnes qui ne remettent pas en cause nos convictions, qui nous permettent de vivre dans une douceur, dans un cocon, il n'y a pas ce coup de déstabilisation de la conscience qui fait qu'elle va être tellement mal que, du coup, elle va se coller ailleurs. Il me semble aussi que, pour beaucoup, cela passe par une phase de colère, colère qui peut être intérieure mais qui naît de la violence de la remise en cause.

C'est comme s'il y avait un point de passage, un chas de l'aiguille... Alors, je ne sais pas si c'est un moment ou un lieu, ou ni l'un ni l'autre. C'est un point que l'on ne peut pas localiser sur le chemin, qui est hors-chemin, qui n'est pas l'aboutissement du chemin, qui est sans référence spatio-temporelle. Il semble qu'il y ait ce point par lequel il faut passer, et qui est donc souvent expérimenté sous forme de mort symbolique... cette traversée du voile qui peut être une expérience violente... Est-ce que tu peux repérer un point ou un moment, comme étant celui du passage, ou du basculement ?
Oui, il y a un moment, un instant... Oui, il y a un avant et un après, qui pour moi correspond au moment où il y a eu la reconnaissance de la conscience. L'endroit où cela s'est passé et le moment où cela s'est passé sont donc extrêmement précis, même si le temps et l'espace n'existent pas et que tout cela fait maintenant partie des cases-mémoire. D'ailleurs, je change de sujet, mais comme on parle d'un moment et d'un lieu qui fait référence à l'ici et maintenant, eh bien une des choses qui disparaît est justement l'ici et maintenant, parce que si le temps disparaît et si l'espace disparaît, il n'y a ni ici ni maintenant. L'ici et maintenant est le point de focus de l'expérience qui permet l'éveil ou le passage dans l'Etre, mais si le passé et le futur n'existent pas, le présent n'existe pas non plus. Je simplifie un peu, mais on pourrait dire que l'ici et maintenant est le chas de l'aiguille aboutissant au fait qu'il n'y a même pas d'ici et maintenant.

Pourtant les apôtres de l'ici et maintenant disent que seul existent l'ici et maintenant, que le passé et le futur sont illusoires. Les témoins de l'ici et maintenant comme Eckart Tolle font la démonstration inverse de la tienne : le passé et le futur ne sont que des instants présents ayant eu lieu ou n'ayant pas encore eu lieu, il n'est que l'instant présent, d'instant en instant...
C'est pourquoi je parlais bien du fait que l'ici et maintenant est un « outil », en tout cas un élément important, pour réaliser le Soi. Mais l'ici et maintenant fait bien partie de l'illusion, comme tout fait partie de cette illusion... Il s'agit simplement, à un moment donné, de ne plus s'égarer au sein de l'illusion pour reconnaître l'illusion. C'est là que l'ici et maintenant est utile. Je n'ai pas dit que l'ici et maintenant n'avait pas de valeur ou que l'Etre n'avait pas de valeur, simplement l'ici et maintenant concerne aussi l'illusion. Je ne pense pas que des êtres ayant atteint la Libération évoquent l'ici et maintenant, ou s'ils l'évoquent, ils l'évoquent comme un chemin vers le Soi. Cela avait généré pour moi un grand éclat de rire, le moment où il y a eu prise de conscience que l'ici et maintenant n'existait pas, que même cela faisait partie de l'illusion...
En fait, rien de ce qui est perçu, vécu, au sein de la personne ou de l'Etre, ne permet de se libérer de la personne et de l'Etre. Donc tout ce qu'on va pouvoir percevoir avec les outils de la personne sera illusion, puisque ce sont les outils mêmes de perception de l'illusion. La vue est un outil de perception de l'illusion, l'odorat et l'ouïe aussi. Il n'est pas question de rejeter tout ça, il est question de le reconnaître comme illusoire. Et ça n'est pas parce qu'il y a reconnaissance de l'illusion qu'il y a rejet.

Oui, c'est pourquoi il y a cette discontinuité entre les outils de la perception et le vécu de la Libération... Est-ce que justement il n'y a pas un chaos préalable, qui correspondrait à un état de disponibilité ? Tony Parsons parle de « readiness », un état d' « être prêt » qui fait que certains vont basculer et d'autres non. Et cet état d' « être prêt », je me demande si cela ne se manifeste pas par un chaos, un moment où il n'y a plus de repères...
Là, tu nous amènes sur le sujet du chaos... S'il y a une notion « d'être prêt », elle implique une souplesse de la conscience (je reviens toujours à la conscience car c'est le point d'appui), c'est-à-dire le fait de ne plus être déstabilisé par quelque information que ce soit, parce qu'il y a une sorte de plasticité de la conscience qui peut accepter tout et son contraire. Si on peut vivre, par exemple, en acceptant parfaitement l'idée que l'on va mourir le jour-même ou le lendemain et que, dans le même temps, on est capable d'avoir une discussion sur un projet de vie qui nous amène sur vingt ans, alors cela signifie que cette plasticité est présente. C'est un exemple, et c'est exactement ce que j'ai pu vivre : être capable d'avoir des conversations qui, si on les avait mises côte à côte, paraîtraient ensemble complètement illogiques, complètement chaotiques, sauf que sur l'instant, c'est la discussion qui se présente, c'est ce qui se passe. Le fait que cela ne crée aucune tension peut effectivement être une représentation de l'état d' « être prêt » dont tu parles. Mais je ne suis pas sûr d'avoir répondu complètement à la question...

Si, la question était : « Es-tu passé par une étape de chaos, dans le sens de totale disponibilité et en même temps perte de repères ?... »
Alors, je vais rajouter qu'il y a un passage par une forme de néant - volontairement, je n'utilise pas le mot chaos, mais cela peut y ressembler effectivement - et d'accueil de ce néant, qui est peut-être le dernier pas (et je ne sais même pas s'il y a des pas). D'ailleurs, est-ce que ça n'est pas la conscience qui, se sentant débusquée, cherche à nous rattacher sans arrêt ? La conscience va chercher à se coller partout, y compris à des choses drôles, comme par exemple se coller à un groupe, puisqu'elle ne peut plus se coller à la personne... Donc, oui, il y a cette forme de chaos, avec le fait que, dans les derniers instants, quand la conscience se colle, ça fait mal ! On se sent vraiment mal... Et c'est là que peut résonner avec encore plus de force le fait que notre ennemi nous apporte plus sur le chemin que notre ami, dans le sens où ce qui vient nous faire mal à ce moment-là, permet de dire : « Tiens, la conscience est collée. » En tout cas, oui, cela permet de débusquer la conscience, de voir qu'elle est collée. On ne voit pas forcément à quoi elle est collée, on voit qu'elle est collée, on sait qu'elle est collée, parce que là il y a souffrance. Car, encore une fois, même s'il y a douleur physique, si la conscience n'est pas collée, il n'y a pas souffrance.
Le chaos, c'est un peu l'état permanent, dans le sens où les choses arrivent sans raison. Il n'y a plus de causes, il n'y a plus de conséquences aux actions. Du coup, du point de vue du regard de la personne, et même du point de vue de l'Etre, c'est un chaos, dans le sens premier, c'est-à-dire quelque chose dans quoi il devient impossible de se repérer, où il n'y a pas non plus de désagrément : c'est juste là.

Cela me fait penser un peu à une soupe quantique, où rien n'est qualifié, orienté, localisé...
Oui, une chose apparaît puis disparaît...

Il n'y a pas de hiérarchie non plus, pas d'ordre, pas de chronologie... Il n'y a ni temps ni espace dans le chaos, non ?
Oui, et du coup, quand la conscience est posée sur la personne, on est habitué à ce que telle chose arrive pour telle ou telle raison, mais si on observe attentivement, tout ça est complètement fictif, ou alors les raisons sont tellement multiples... Une fois libéré, les choses simplement arrivent, apparaissent, disparaissent, ce qui donne une impression de chaos, puisque aucune raison n'est à trouver pour l'apparition de ce qui se passe.

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MessagePosté le: Jeu 5 Déc - 12:33 (2013)    Sujet du message: Publicité

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Alta


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MessagePosté le: Jeu 5 Déc - 12:46 (2013)    Sujet du message: Air; un Libéré cause de Libération Répondre en citant

On vit dans une période où le nombre de chercheurs est vraiment important, et la plupart des chercheurs se sentent authentiques dans leur recherche. Mais s'il y a la peur de disparaître en cherchant la réponse, alors à un moment donné arrivera un blocage. S'il s'agit de trouver les moyens de mieux fonctionner dans ma vie de tous les jours pour mieux réaliser mes projets, alors la Vérité n'arrivera pas. Arrivera une réponse qui sera : « Voilà comment il est possible d'améliorer son quotidien. » Et on se dira « Wouah, j'ai touché une vérité ! », mais c'est simplement qu'on a demandé au film, qu'on a demandé au programme automatique de nous amener des éléments pour mieux fonctionner sur ce plan, donc pour mieux fonctionner dans l'illusion. Tant qu'on cherche à mieux fonctionner dans l'illusion, il est impossible de se libérer de l'illusion : il faut accepter... de tout perdre. Et vraiment j'insiste sur cette notion de tout perdre ! C'était en moi comme une rage : quoi qu'il arrive, quitte à me rendre compte qu'il n'y a que le néant, quitte à être absorbé par le néant, quitte à disparaître à tout jamais ! Mais si je disparais à tout jamais, ça signifie que déjà aujourd'hui je ne suis rien. Donc autant le savoir ! A quoi bon me faire croire qu'il y a quelque chose, ou qu'il y a quelque chose de plus grand, s'il n'y a rien ? Donc, une détermination à aller découvrir cette Vérité. J'aurais vraiment envie d'insister sans arrêt sur ce point-là, tellement il est crucial... Et j'aurais envie de le dire dans toutes les langues et avec tous les mots imaginables, car j'ai tellement vu de personnes, soit se satisfaire en route d'une demi-réponse, soit s'arrêter par peur. Et je n'ai pas envie de dire : « N'ayez crainte, derrière vous allez vous rendre compte que vous êtes le Tout » parce qu'en fait ça voudrait dire qu'on n'est pas prêt à tout lâcher pour trouver la Vérité. On est prêt à tout lâcher à condition de trouver le Tout.
Accepter de disparaître, c'est essentiel. Accepter aussi que le chemin ne doit pas être un chemin de douceur, un chemin de joie, un chemin d'amour. Tout ça, ce sont des réductions de tout ce qu'il est possible de vivre, et s'il est question de passer par des phases de souffrances importantes, peu importe. Si c'est le chemin de vie, si c'est ce qui est vécu au moment où c'est vécu, alors c'est là ! C'est pas que c'est fluide ou pas fluide, que c'est l'ombre ou la lumière : non, c'est là, et il n'y a qu'un seul endroit où on pourra trouver la vérité sur ce qu'on est, c'est dans ce qui est là. Je peux témoigner que je suis effectivement passé par des moments de grâce ces dernières années, mais je suis passé aussi par des phases d'énorme souffrance. J'ai toujours pris ça avec le même accueil. Arrive un moment où il peut y avoir encore de la souffrance physique dans le corps, la souffrance est là, mais vous, vous n'êtes plus concerné par la souffrance. Et même si on est concerné par la souffrance avant d'avoir atteint la Libération, ça ne signifie pas qu'il faut l'éviter. Je ne veux pas dire non plus qu'il faut se complaire dans la souffrance. Ce que je veux dire par là c'est que, que cela soit facile ou difficile - et ça n'est pas que c'est parfait non plus - c'est simplement ce qui est. Or, dans ce qui est, il n'y a pas d'évaluation, et vous allez trouver dans ce qui est, partout, à chaque instant, le Tout.
Envol Du Phénix
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netineti


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MessagePosté le: Jeu 5 Déc - 13:06 (2013)    Sujet du message: Air; un Libéré cause de Libération Répondre en citant


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Comme "rien" est tout, alors "tout" est rien


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rezo


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MessagePosté le: Jeu 5 Déc - 15:10 (2013)    Sujet du message: Air; un Libéré cause de Libération Répondre en citant

Je suis fan ses écrits 


Par contre il faut faire gaffe a ne pas recoller a la Perso sinon c'est retour vers la case départ   Bannir
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Fabrice


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MessagePosté le: Jeu 5 Déc - 18:24 (2013)    Sujet du message: Air; un Libéré cause de Libération Répondre en citant


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j'en suis venu à la conclusion que la conscience et tout ce qui peut apparaître à la conscience n'est qu'une gigantesque fraude

Bidi


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M'Uriel
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MessagePosté le: Jeu 5 Déc - 18:36 (2013)    Sujet du message: Air; un Libéré cause de Libération Répondre en citant



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Janel


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MessagePosté le: Jeu 5 Déc - 18:52 (2013)    Sujet du message: Air; un Libéré cause de Libération Répondre en citant

Tiens, tiens, le néant...
Quand je frise ça, je dis : " je me sens abandonnée, ouille, quelle émotion !!! et après s'ajoute la culpabilité sentant que je ne sais pas sortir de ça !!! ".


Alors, j'ai peur de basculer dans ce néant, comme le dépeint l'égo, pas drôle. Mais c'est ça le moment où je me gourre, tiens...
 NOTÉ EN LETTRES DE FEU...


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 19:13 (2018)    Sujet du message: Air; un Libéré cause de Libération

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