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PERMETTEZ MOI DE VOUS OFFRIR UN CADEAU DE YES-EL

 
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Jean?


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Inscrit le: 28 Oct 2013
Messages: 34

MessagePosté le: Sam 21 Déc - 13:40 (2013)    Sujet du message: PERMETTEZ MOI DE VOUS OFFRIR UN CADEAU DE YES-EL Répondre en citant

J'ai écrit ce petit opuscule de 13 petits chapitres en 1995. 
Je vous le partage. 
Je n'ai demandé de droits d'auteur ni à OMA ni à Bidi   
mais pour l'instant je les conserve pour cette 3D moribonde. 
Si cela vous convient je vous mets 3 chapitres par jour ce qui nous emmène à Yes-EL. 
Si cela ne vous convient pas, je m'arrête là. 
Gros Bisous à toutes et tous et JOYEUX YES-EL 

 
1 

 
  
C'était le matin, le Soleil caressait déjà de sa lumière et de sa chaleur tout ce qu'il touchait. En ce joli mois de mai, chaque bourgeon, chaque feuille, chaque tige, chaque fleur lui répondaient en débordant de vie. Tout ce qui portait plumes s'agitait et le chantait. Sensible et curieuse elle savourait ce foisonnement dans le jardin.
Tout à coup elle s'immobilisa.
Elle venait de voir s'enfuir un insecte.
La fillette tendit la main naturellement.
Trois paires de pattes entreprirent l'ascension de son index.
Elle fit un bond de joie, tout en faisant une coque avec son autre main pour ne pas perdre son trésor.
Exaltée, le visage rayonnant, elle cria : j'ai trouvé une coccinelle, une bête à Bon Dieu!
Elle était pleine de vie, sensible à toute Vie; fine et souple comme une liane, toujours prête à onduler au rythme d'une musique.
Agée de presque six ans, de grands yeux noirs et espiègles, une longue chevelure brune, elle s'appelait Mana.
Elle adorait les animaux.
Tous, même si elle en avait un peu peur.
Plus petite, aucun ne lui faisait peur, courant pour caresser ici une crinière de lion, là une trompe d'éléphant. Heureusement, elle n'allait pas au zoo tous les jours.
Un amour viscéral la liait aux bébés des animaux.
Quand elle trouvait un petit chat, un petit chien, un petit n’importe quoi, elle le serrait sur son cœur et des cris d'amour sortaient du plus profond d'elle-même, dans des gammes si aiguës que les tympans avoisinants imploraient à genoux que cela cessât.
D'ailleurs n'avait-elle pas comme amis deux lapins nains, un hamster, deux chats, un grand chien, des poissons, une ponette et son petit poulain.
Elle s'étonnait de tout. Parfois, son front se plissait sous la concentration et une question grave sortait de sa bouche.
Ce qui par-dessus tout la révoltait c'est quand elle apprenait qu'un «gens» avait été méchant avec un animal. Un «gens » c'était un adulte, «des gens » c'était des adultes.
N'avait-elle pas vu un «gens» courir après son poulain avec un balai ?
Elle entrait alors dans d'incroyables colères, poussait des cris et des menaces qu'il est difficile de répéter ici.
Elle ne pouvait concevoir qu'un «gens» fasse des bêtises ou soit méchant.
Elle trouvait que beaucoup de gens ne comprenaient rien à rien sur tout un tas de choses qui lui semblaient évidentes.
Par exemple, l'existence de la vie partout et toujours, même au-delà de celle que l'on pouvait voir avec ses yeux, dans ce monde qu'elle appelait le ciel et qu'elle visitait pendant son sommeil.
Pour elle, le ciel était partout, même sur la terre et même en nous, dans les animaux, les plantes et les cailloux. Il nous manquait seulement les bons yeux pour le voir. Et c'était pas un «gens» qui ne savait pas ça, c'était plein de «gens », presque tous les «gens». Ils ne savaient pas parce qu'ils étaient trop occupés de toutes ces choses qui semblaient si importantes «à les gens».
Le plus drôle c'est que beaucoup étaient pleins de peur parce qu’ils ne savaient pas, mais ne voulaient rien entendre quand on essayait de leur expliquer.
Sa coccinelle à l'abri dans le creux de sa main, Mana sautillait en chantant :
  
  
Coccinelle, demoiselle, 
Bête à bon Dieu, 
Coccinelle, demoiselle, 
Vole jusqu'aux cieux ... 
  
Sa ritournelle s'interrompit brusquement et sa bouche s'arrondit en un O de stupéfaction. Au détour du jardin, elle venait, tout à coup, d'être éblouie par une forme lumineuse. Elle fut emplie de joie, reconnaissant la
Dame qu'elle rencontrait souvent dans le ciel pendant son sommeil.
Elle n'était pas comme les «gens» tout retournés sur eux-mêmes. Non, Elle semblait faire partie de tout. Elle aimait et respectait toute Vie et semblait tout comprendre. De plus Elle était belle comme un soleil et comme un soleil, Elle réchauffait tous ceux qui s'approchaient d'Elle.
Mana était très flattée d'avoir une telle copine.
"Pour une fois que je la vois ici, il faut que je lui demande se dit-elle." Et elle lui demanda:
- Pourquoi les «gens» sont-ils méchants et tristes et pressés et pourquoi ne comprennent ils rien à rien? Et pourquoi ne pourrait-on pas leur expliquer?
-Si les êtres humains sont méchants et tristes et pressés et qu'ils ne comprennent rien à rien c'est parce qu'ils sont coupés en deux.
Mana réfléchit, elle n'avait jamais vu deux moitiés de «gens» se promener en sautillant sur un pied et se tenant par la main.
La Dame sourit à cette image et dit:
- La plus grande partie d'eux est à l'intérieur et cette partie-là ne fait qu'un avec le ciel.
Tout occupés qu'ils sont, ils ne se rendent pas compte qu'elle existe. Ce n'est qu'ainsi, pourtant, qu'ils ne seraient plus ni méchants ni tristes ni pressés et qu'ils comprendraient leur raison d'être.
- Il faut leur expliquer, cria Mana en faisant des bonds. Elle voyait déjà la terre avec tout plein de «gens» sereins; la petite flamme dans le regard montrant qu'ils savaient.
- Tu sais, dit la Dame, c'est très difficile. Le plus souvent les gens ne veulent pas du tout savoir. Souvent ils font semblant de vouloir mais n’écoutent qu'eux-mêmes. Quand ils veulent bien écouter, il faut que ce soit ce qu'ils ont envie d'entendre, souvent il faut que deux plus deux fasse quatre comme sur la terre.
- Ne peut-on essayer quand même?
- Si tu en trouves de sincères il faudrait aussi savoir parler à chacun de manière différente, car tous sont différents.
- Je suis sûre que tu dois pouvoir trouver un moyen.
- On ne pourra le faire directement, il faudra trouver des images, des histoires, où chacun pourra prendre quelque chose qui parlera à son cœur, il faudra les toucher, les faire rire, les faire ...
- ... Mais il faut essayer, dit Mana, sérieuse ; c'est important, ils en ont tellement besoin !
- On ne pourra apprendre qu'à certains ...
-A certains «gens » seulement? dit Mana inquiète.
- A ceux qui ont compris que toutes les routes où ils se sont engagés, poussés par leurs désirs d'êtres humains finissent par une pancarte marquée "IMPASSE" et forts de ce savoir, ont soif de nouveaux chemins.
Mais tu as raison, il faut le faire même si nous n'aidons qu'un seul «gens». Allonge-toi confortablement sur le banc, nous allons essayer ensemble.
Mana s'allongea sur le banc, près du rosier, prenant bien soin de sa coccinelle.
Une poussière de lumière et d'amour émana de la Dame et engloba Mana.
Elle s'endormit, sa coccinelle aussi.

  
  
  
2 
  
  
  
Petit à petit, le noir fit place à un clair-obscur blafard. Un léger frémissement tout là-haut indiquait le souffle d'une brise légère.
Il s'ébroua.
Tous ses soucis, tous ses devoirs, toutes ses corvées et ses combats envahirent brutalement sa conscience.
Il s'ébroua à nouveau comme si cela pouvait l'en débarrasser.
Mais rien n'y fit. Tout était là, horriblement présent, c'était bien là sa réalité!
Alors, inquiet, il partit à l'assaut de toutes ces tâches qui, chaque jour, constituaient la trame de sa vie.
Maintenant et jusqu'à ce que tout fut à nouveau noir il allait courir sans trêve, vaquant sans cesse à toutes sortes d'occupations lui semblant vitales. Certaines l'étaient sans aucun doute. C'est ainsi que l'une de ses préoccupations majeures était sa nourriture et celle des siens et tout ce qu'il estimait nécessaire à leur bien-être.
Jusqu'alors, il avait réussi à écarter tout danger, toute menace, mais il n'était jamais tranquille et imaginait toujours le pire, ce qui le rendait nerveux, venait troubler son sommeil et le vieillissait prématurément.
Il vivait avec sa compagne, ils avaient eu de nombreux enfants. Il avait toujours su les protéger et les nourrir.
Cela faisait déjà quelques années maintenant que le petit dernier les avait quitté et cependant il n'avait guère plus de temps.
Il fallait qu'il soit à la hauteur. Il aidait sa compagne, se préoccupait de leur nourriture, défendait son territoire ... Il n'avait pas une minute pour lui.
La nuit venue, avant qu'il ne s'endorme, il se faisait déjà du souci pour le lendemain. Il pensait aussi à plus tard, quand il n'aurait plus la force de faire tout cela. Que deviendrait-il ? Il pensait même à plus tard encore, quand il disparaîtrait ...
Certains disaient que la vie continuait après, mais lui savait bien que personne n'était jamais revenu et que le seul monde qui existait était celui où il avait toujours vécu.
Alors, cette nuit-là, comme toutes les autres, d'un sommeil agité, le beau poisson tropical qu'il était, finit par s'endormir dans son trou d'eau.
 
Il ne se doutait pas que non loin de là, dans un trou d'eau salée des milliards de fois plus grand et plus profond que le sien, vivaient des poissons volants.
 
Dans le noir des profondeurs abyssales une crevette aveugle se déplaçait, les cannes blanches de ses antennes en alerte, à la recherche d'obstacles, de dangers ou de proies.
Jamais dans ses rêves les plus fous, elle n’aurait pu imaginer que là-haut, tout en haut, dans une lumière qu'elle n'aurait pu supporter vivaient des poissons tropicaux aux couleurs chatoyantes.
Jamais notre poisson tropical n'aurait pu imaginer que des êtres comme lui pouvaient vivre de longues minutes dans un autre monde.
Et notre poisson-volant, planant avec agilité, évitant savamment les vagues, voyait tout là-haut ... Des oiseaux! Et plus haut encore un énorme disque de lumière et de chaleur.
C'était beau, il essayait d'en voir le plus possible, mais toujours il retombait dans l'eau.
Des milliards d'individus, tous les êtres humains ou presque, vivent ainsi sur la terre dans leur petit trou d'eau personnel, ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre et pourtant si semblable.
Certains ne s'en aperçoivent même pas. Ils vivent presque mécaniquement leur vie dans leur bocal sans se poser la moindre question qui ne soit pratique, et ne puisse leur rapporter dans l'immédiat.
D'autres se doutent de quelque chose, ils sentent qu'à l'intérieur d'eux-mêmes des choses merveilleuses et troublantes sommeillent. Mais ils prennent peur et une frénésie s'empare d'eux; tout ce qui existe dans l'aquarium est bon pour les étourdir afin que surtout, ils ne découvrent pas ce qu’ils ressentent confusément.
D'autres ont un rôle d'importance dans l'aquarium. Ils se parent des plus belles écailles afin que cela se sache et plus rien n'a d'importance que leur importance.
Le destin de certains autres ne leur laisse ni l'énergie ni le temps de penser à autre chose qu'à survivre. Chacun est venu pour apprendre quelque chose, eux sont venus apprendre cela. Peut-être aussi afin que les autres apprennent que l'on peut leur tendre la nageoire.
D'autres cherchent à comprendre qui ils sont, d'où ils viennent, où ils vont ...
Un jour ils trouvent quelqu'un qui dit avoir connu un poisson volant, avoir tout appris de lui. Qui dit connaître les secrets pour devenir soi-même poisson volant. Qui dit être le seul à savoir. Qui dit que tous ceux qui ne le suivront pas retourneront dans le noir des profondeurs abyssales. Nombreux sont ceux qui le suivent, ce qui lui permet d'avoir encore plus de pouvoir dans l'aquarium.
D'autres sont prêts à tout, pour posséder le plus d'aquarium possible. On a beau le leur dire, lorsqu'on s'en va, on n'emmène pas l'aquarium avec soi, rien n'y fait.
 
D'autres, ont beaucoup réfléchi, beaucoup étudié, beaucoup cherché, beaucoup mesuré et pesé sur tout ce qui concerne le fonctionnement de l'aquarium. Ils ne vénèrent plus que leur intelligence qui leur a permis de comprendre tout cela et aussi, il faut bien le dire, donné plus de pouvoir dans l'aquarium.
D'autres encore, ont trouvé des tablettes avec des signes gravés dessus qu'ils ont déchiffrés. Tout est dit de ce qu'il faut faire et ne pas faire, croire et ne pas croire et tout est juste car les tablettes ont été gravées sous la dictée de celui qui, il y a longtemps, longtemps, aurait construit l'aquarium avec tout ce qu'il contient.
D'autres encore, dans d'autres régions de l'aquarium ont aussi trouvé des tablettes. Ils s'étripent avec les premiers parce que ce sont leurs tablettes qui sont les bonnes tablettes et leurs lois les bonnes lois. Sûrs d'être dans le vrai, ils ont envoyé leurs poissons requins conquérir de nouveaux territoires pour apprendre de force la vérité à tous ceux qui ne la connaissent pas.
D'autres, enfin, ne se soucient de rien. Ils se reproduisent, ils mangent, ils boivent, ils dorment.
Ils recommencent le lendemain.

  
  
3 
  
  
Son corps resté sagement endormi sur le banc, Mana s'était envolée comme lors d'un sommeil normal. Cette fois cependant, tout était différent.
A côté d'elle, autour d'elle, en elle, une présence de compassion, de sagesse, de gaieté dansait à une vitesse fulgurante. La Dame, irradiant une intense lumière jaune-orange, simplifiait et accélérait tout.
Mana était comme fondue en Elle.
Plus de mots, plus de phrases, toutes les idées, tout un savoir et un ressenti étaient partagés à une vitesse défiant l'imagination.
De même les couches grisâtres à proximité de la Terre, où une multitude d'êtres se trouvait engluée, furent dépassées le temps d'en prendre conscience.
Plus haut, les êtres blancs qui gardaient un autre seuil, les virent passer telles des météores.
Enfin elles se retrouvèrent dans une dimension de calme et de Lumière qui s'étendait comme à l'infini.
De cet endroit Mana pouvait voir la Terre mieux que dans son corps avec ses yeux de chair. Elle pouvait «zoomer» à volonté et regarder ce qu'elle désirait dans les moindres détails.
Elle pouvait même se concentrer sur quelqu'un et lire en lui mieux que lui-même.
Elle pouvait comprendre pourquoi il vivait telle chose maintenant et ce qui en lui le bloquait pour avancer davantage.
Elle pouvait voir comme dans un film ce qu'il avait été avant, même dans d'autres de ses vies et ce qui allait advenir de celle-ci. Et aussi, comment, peut-être, on pouvait l'aider un peu.
Elle saisissait que chaque être humain vivait dans sa «coque» ou dans son «bocal» par lui-même construit.
Que les matériaux de cette construction étaient foultitude. Qu'ils se nommaient: peurs, désirs, orgueil, vanité, inertie, rigidité, dogmatisme et portaient encore tant d'autres noms. Mais que tout cela était comme dans une cocotte-vie et que ça mijotait doucement à travers tous les aléas, les travers et les douleurs de cette Vie.
Quand la soupe serait prête, le petit sifflet sur le haut de la cocotte se mettrait à chanter.
Une subtile vapeur, au fumet différent pour chacun, en sortirait pour aller expérimenter un monde plus éthéré.
Tout ce qu'elle essayait de faire avec la Dame c'était seulement d'activer un peu le feu.
Étant obligées de partir du connu pour faire accepter l'existence possible de l'inconnu elles espéraient que les histoires de «bocal» fassent prendre conscience des routines de chacun.
Que les histoires de crevettes, de poisson tropical, de poisson volant, d'oiseau, fassent accepter l'idée, que le monde peut être infiniment plus complexe qu'on peut l'imaginer.
Une question émana de la Terre que quelqu'un tournait et retournait dans sa tête: n'y a-t-il aucun autre espoir que celui de vivre et de mourir dans notre petit trou d'eau ?
Elles se penchèrent toutes deux vers lui. Une fontaine de Lumière et d'Amour se déversa d'Elles vers leur frère humain. Une pensée prit lentement forme en sa conscience.
 
Même au-delà du soleil, il est un soleil plus lumineux plus vaste, plus chaud, plus aimant.
Il est au-dehors, mais chacun en a un rayon en lui.
Chaque rayon est différent mais aucun n'est plus gros ni plus petit ni plus ou moins lumineux.
On l'a sorti ou pas de sa poche.
On l'a sorti un peu ou beaucoup.
Sur la terre, peu d'êtres s'en rendent compte.
Ce qui est sûr, c'est qu'aucun rayon ne peut être sorti à l'ombre d'un autre.
Quand on l'a tout sorti au travers de toutes les portes de sa poche, alors il n'y a plus ni dehors, ni dedans, car le dedans est le dehors et le dehors est le dedans.
Alors, il n'y a plus ni trou d'eau, ni bocal, ni coque, ni mort; en visitant ses poches, on peut trouver l'Univers sans fin et sans limite!
Ces pensées apaisèrent l'homme comme une caresse et un petit soleil de joie et de force grandit dans sa poitrine.
 
- Là, c'était «fastoche», dit Mana, ça ne doit pas toujours être comme ça !
- Nous nous serions adaptées, dit la Dame, nous aurions pu lui envoyer une autre histoire...
- Oh, j'en vois une, je peux la raconter?
- Bien sûr, dit la Daine, je t'écoute.
- Il était une fois, caché dans une épaisse forêt, un tout petit étang. Il était très joli, et de nombreuses plantes: roseaux, narcisses, et beaucoup d'autres l'habillaient d'une toison qui ondulait au rythme du vent.
Tout cet univers où se mariaient l'eau, la terre et l'air grouillait de vie et mille petits bruits gazouillis, croassements ou chants exprimaient la joie d'être.
La surface de l'eau était comme un plan de symétrie car la vie était tout aussi profuse en dessous qu'au-dessus.
Parmi la multitude qui vivait dans l'eau, de nombreuses larves de la même famille vaquaient à toutes sortes d'occupations. Elles étaient très gaies, et jouaient souvent dans la vase, ou à cache-cache derrière les tiges des plantes.
Cependant quelque chose les avait toujours tracassé et elles décidèrent de la tenue d'un grand conseil pour en parler.
La doyenne de toutes les larves de l'étang prit la parole et voici ce qu'elle dit: "De temps en temps, l'une ou l'autre d'entre nous est prise d'un impérieux besoin de se choisir une tige d'iris et de grimper vers le sommet de notre monde; elle traverse alors le miroir qui nous couvre et disparaît à jamais. Nous ne pouvons rester toujours à jouer dans la vase sans savoir ce qu'il y a au-delà du miroir. Disparaissons-nous à jamais? Une autre vie nous est-elle offerte? Dans ce cas ressemble-t-elle à celle que nous connaissons ici ?
Nous avons décidé de nous débarrasser définitivement de l'angoisse du doute et de la crainte de l'inconnu.
Ainsi moi, doyenne de toutes les larves de cet étang j'ordonne que la prochaine d'entre nous qui passera le miroir - si elle ne disparaît pas dans le néant - revienne nous expliquer ce qui nous attend de l'autre côté. Qu'il en soit ainsi!"
L'assemblée se mit à frétiller de tous ses cils en guise d'applaudissements. Elles étaient toutes très contentes, elles allaient enfin savoir.
Un jour une force incontrôlable poussa l'une d'elle à grimper de plus en plus haut sur une tige d'iris. Elle arriva face au miroir. Il paraissait infranchissable. Mais la force la poussait toujours; elle franchit le miroir. La vision qu'elle eut alors fut tellement inattendue quelle perdit conscience. Pendant son sommeil une incroyable métamorphose s'opéra. Quand elle s'éveilla, elle était devenue un être merveilleux paré de belles couleurs avec de grandes ailes. Elles se mirent à vibrer en cadence et elle s'envola pour son premier vol de libellule. Son bonheur fut sans limite, tout était neuf pour elle et si beau. Fatiguée, elle se posa sur un nénuphar et se souvint de l'engagement que toutes, ensemble, elles avaient pris. Elle fut remplie de tristesse car elle venait de se rendre compte qu'elle ne pouvait plus traverser le miroir dans l'autre sens. Et même si je pouvais - se dit elle – jamais elles ne pourraient croire que c'est moi qui leur parle, jamais elles ne me reconnaîtraient!
C'est ainsi que dans le petit étang de la forêt, certaines larves attendent toujours une réponse. D'autres savent que personne n'est jamais revenu de l'autre côté du miroir, ce qui montre bien qu'au-delà, il n'y a que les sots pour penser qu'il puisse exister quelque chose.
-Bravo! Bravo! - applaudit la Dame – ton histoire est très belle et correspond bien à ce qui se passe pour beaucoup sur la terre.
Mana fut très contente d'avoir fait plaisir à la Dame.
Elles reprirent l'observation de la terre, de ses plaines et de ses montagnes, de ses forêts et de ses déserts, de ses océans et de ses mers qui l'habillent de bleu merveilleux.


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MessagePosté le: Sam 21 Déc - 13:40 (2013)    Sujet du message: Publicité

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Phalphul
Invité

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MessagePosté le: Sam 21 Déc - 15:31 (2013)    Sujet du message: PERMETTEZ MOI DE VOUS OFFRIR UN CADEAU DE YES-EL Répondre en citant

Merci! Jean
Le Coeur a bondi de Joie, j'ai dégusté comme du bonbon


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Mireillelabeille


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Inscrit le: 07 Déc 2013
Messages: 218
Localisation: sur un chemin de Saint Jacques

MessagePosté le: Sam 21 Déc - 15:51 (2013)    Sujet du message: PERMETTEZ MOI DE VOUS OFFRIR UN CADEAU DE YES-EL Répondre en citant

Oui ! moi aussi ça me plait bien !!
Merci beaucoup
_________________
"Voici la demeure de Dieu avec les hommes. Il aura sa demeure avec eux ; ils seront son peuple, et Lui, Dieu-avec-eux, sera leur Dieu."


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jclaude


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Inscrit le: 28 Nov 2013
Messages: 24
Localisation: Bretagne

MessagePosté le: Sam 21 Déc - 16:49 (2013)    Sujet du message: PERMETTEZ MOI DE VOUS OFFRIR UN CADEAU DE YES-EL Répondre en citant

Jean j'ai l'impression que tu réveilles l'enfant en nous.

Gratitude
_________________
Si tu veux être, réellement, ce que tu Es, ne projette plus rien, ne demande rien et Sois. Annael


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ryque


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Inscrit le: 27 Nov 2013
Messages: 322
Localisation: bretagne 22

MessagePosté le: Sam 21 Déc - 18:01 (2013)    Sujet du message: PERMETTEZ MOI DE VOUS OFFRIR UN CADEAU DE YES-EL Répondre en citant

Mana et la coccinelle ,  Okay  , merci Jean Paul
_________________
à la fin nous somment au début


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M'Uriel
Invité

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MessagePosté le: Dim 22 Déc - 17:53 (2013)    Sujet du message: PERMETTEZ MOI DE VOUS OFFRIR UN CADEAU DE YES-EL Répondre en citant

Merciii Jean Paul,c'est une superbe histoire,ça parle à notre coeur d'enfant,je viens de la trouver parce que tu as mis la suite dans éclaireurs,LOL je fais partie des flemmardes qui ne vont pas voir tout en bas!grâce 

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 13:14 (2018)    Sujet du message: PERMETTEZ MOI DE VOUS OFFRIR UN CADEAU DE YES-EL

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