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Pierre


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MessagePosté le: Ven 27 Déc - 16:07 (2013)    Sujet du message: http://lapiqreduscorpion.blogspot.fr Répondre en citant

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L'âge sombre 4

Avoir une direction, dans sa vie ou dans sa « démarche spirituelle », c’est la peur, c’est avoir quelque chose à sauvegarder ; c’est encore avoir un savoir.

Se cramponner à toute forme de savoir confine à la prétention, à l’arrogance.

Une démarche délibérée, volontariste, interventionniste, ne peut que procéder de la mémoire, du connu.

Toute intervention calculée en vue d’arriver à un but (ici la libération, l’éveil, la réalisation spirituelle) est un manque de respect envers la vie, une forme de violence.

Il n’y a pas de but ! Il n’y a pas davantage d’accomplissement.

Pourquoi vouloir tout figer, tout chosifier ?

N’y a-t-il pas assez de pathétiques radoteurs pour se donner en spectacle et servir à un auditoire béat le plat réchauffé de leur « éveil » ?

Depuis qu’ils ont ressenti une légère démangeaison de la conscience, il y a parfois un demi-siècle de cela, leur incurable logorrhée leur sert d’abris pour se prémunir contre toute remise en question.

L’arrivisme spirituel, si courant de nos jours, constitue une des formes les plus pernicieuses d’ignorance, car pris dans ses tourbillons on se croit plus avancé ; plus on croit toucher le but, moins on écoute.

Beaucoup de malheureux, se croyant arrivés à ce genre de « but », vont simplement rejoindre le troupeau de parvenus spirituels.

L’humanité a toujours porté en elle des êtres lumineux et désencombrés d’eux-mêmes, qui ont fortement ébranlé et stimulé les chercheurs de vérité. Mais nous avons passé notre temps à confondre la liberté vécue par ces êtres avec la manière dont elle s’est révélée à eux et installée dans leur vie. Nous nous sommes appliqués à ériger leur histoire personnelle en système à suivre pour nous libérer. Or, s’il y a une chose que l’expérience à démontrée, c’est que plus jamais personne ne s’éveillera de la même manière que Ramana Maharshi, Nisargadatta Maharaj, Jésus ou Bouddha. Ce qui nous éloigne de notre liberté, c’est qu’en voulant singer qui que ce soit nous refusons le seul « chemin » possible pour nous : notre vie telle qu’elle est. Ce qui nous fait profondément envie en présence d’un être lumineux, c’est la liberté, la seule, la nôtre, et non son histoire. Vouloir suivre une « voie », c’est refuser la seule voie possible, c’est refuser la vie ; ce profond irrespect vient d’un manque d’attention. On peut être pris par une voie, par un courant ; mais l’absurdité qui consiste à vouloir se choisir une voie est typique de la mentalité démocratique des dormeurs. La vie n’est pas démocratique.

On ne se donne donc pas à une attention non directionnelle parce qu’on a compris que tout le reste ne fonctionne pas, mais que cette fois-ci « ça va marcher » ! Non, l’attention nous vient naturellement : quand on voit en soi le mécanisme de la restriction, il s’effondre. Reste l’attention pure, qui a toujours été là mais qui luit désormais sans voile.

Les voies interventionnistes, qui proposent à leurs adeptes une purification, une amélioration, une progression tendue vers un but, ont sûrement leur place, sinon il n’y en aurait pas tant de nos jours ; elles ne diffèrent pas fondamentalement des autres éléments de la vie humaine avec son âpre poursuite du fruit.

Mais dès qu’on a constaté leur superficialité et leur futilité, comment peut-on encore s’y laisser piéger ?


La vie spirituelle c’est la vie de tout les jours vécue dans l’intensité du regard simple et le ravissement respectueux.

Elle peut se résumer ainsi : fais ce qui te plaît !

Bien sûr, en pratique tout l’art de vivre consiste à connaître ce qui nous plaît vraiment…Il faut parfois une vie entière pour le voir, pour réaliser que ce qui nous plaît, c’est la tranquillité profonde de la lumière consciente, pour constater qu’il n’ya rien à saisir ni à laisser dans la vie, car il n’y a pas de choses dans l’univers.

Toutes nos poursuites, qu’elles soient mondaines ou à prétentions spirituelles, sont vaines, inutiles et épuisantes. Finalement, toute poursuite est mondaine. Pourquoi ne pas jouir de la vie telle qu’elle est ? La jouissance de la vie est tout ce qu’il y a de plus naturel et de plus spirituel. Pourquoi cette inutile inquiétude à vouloir s’approprier, calculer, s’inquiéter, et attendre quoi que ce soit ?

La vie spirituelle est simple, tout ce qu’il y a de plus simple.



Ne prends ni ne laisse ; tel que tu es, jouis heureusement de tout.


Abhinavagupta







A un moment donné, on perd l’arrogance de vouloir améliorer la vie.

Tout espoir d’amélioration est lié à une histoire personnelle : c’est encore une histoire. La vie spirituelle ne consiste pas à améliorer son histoire, mais à voir que l’histoire est une histoire.

C’est seulement à ce moment que quelque chose de frais se passe.

Paradoxalement, c’est au moment où on ne cherche plus à se libérer qu’il ya désencombrement.

Le moindre espoir est obscurcissement. Avoir un espoir c’est désespérer de ce qui est là et on désespère de ce qui est là quand on ne sait pas regarder.

Savoir regarder, c’est cela la grâce et la grâce est tout. Il n’y a pas d’école de grâce, de maître de grâce, de technique de grâce. Il n’existe pas de stratégie pour devenir humble. La grâce est une évidence et, lorsqu’elle survient, elle est aussi inévitable que tout le reste de notre vie. On ne se donne pas à la méditation ou au yoga pour trouver la grâce ; on le fait parce que la grâce a déjà fait son œuvre en nous touchant d’une manière ou d’une autre.


Il n’y a pas de sommet, de réussite, d’accomplissement ou d’aboutissement à la vie spirituelle.

Pas de médaille d’or à recueillir, pas de prix Nobel à attendre.

La fin est aussi le début, en un seul Instant.

Maître Eckhart résume merveilleusement cette vérité quand il suggère de « s’élever à la hauteur de Dieu, alors on obtiendra la perfection et la stabilité de l’éternité. Car là il n’y a plus de temps ni d’espace, d’avant ni d’après, mais tout est actuellement décidé dans un nouveau, dans un verdoyant « voici que ! » dans lequel mille ans sont aussi courts et aussi rapides qu’un instant. »

Cela mène à l’absence d’intervention personnelle.

Ne pas intervenir ne signifie pas que je suis là et que rien en se fait. C’est exactement le contraire : tout se fait mais je n’est pas là.

Il n’y a plus l’image d’un quelconque moi pour croire qu’il y a des choses à faire, pour calculer, s’inquiéter, se réjouir ou s’attrister des résultats et pour se projeter continuellement dans le temps.

En pratique, cela vient quand nous constatons combien nous sommes presque sans arrêt dans le « faire », dans le projet, tournés vers une récompense à venir.

On constate alors combien les religions se sont acharnées à enfoncer davantage l’homme dans l’illusion et la torpeur : à cet égard, les trois grandes religions monothéistes occidentales se sont montrées particulièrement efficaces.

Mais rien ne surpasse certains pathétiques ateliers de développement personnel et le cirque de la soi-disant spiritualité occidentale moderne dans son paroxysme de décadence.



Le constat que nous sommes presque perpétuellement dans le vouloir faire suffit à initier une transformation véritable. Comment vous sentez-vous lorsque vous n’êtes plus là pour vous inquiéter et vouloir intervenir ?

Qu’arrive-t-il quand vous ne sentez plus que vous devez faire du yoga, méditer, faire le vide, vous améliorer, avoir des pensées positives ou devenir éveillé ?

Un poids gigantesque tombe de vos épaules, une tranquillité énorme devient disponible pour écouter et agir. L’intensité naturelle de l’existence peut alors être ressentie pleinement et devient efficiente.

La véritable discipline c’est ‘intensité, l’enthousiasme d’un cœur ardent débordant. C’est le cœur d’une démarche authentiquement spirituelle. Tout le reste vient de notre mémoire et fait appel à une volonté individuelle, à un ramassis de conditionnement ; tout cela participe de l’imaginaire du temps.


Jean Bouchart D'Orval

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Dernière édition par Pierre le Ven 27 Déc - 17:09 (2013); édité 2 fois
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MessagePosté le: Ven 27 Déc - 16:07 (2013)    Sujet du message: Publicité

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Pierre


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MessagePosté le: Ven 27 Déc - 16:12 (2013)    Sujet du message: http://lapiqreduscorpion.blogspot.fr Répondre en citant

De l'illumination par la non-action


« Si l’on a recours à une « méthode », cela est une erreur ; on ne peut obtenir la délivrance »


Shen Hui



Toute soi-disant volonté est une manifestation du je-concept. Qui recherche l’illumination ? Dans la mesure où cette dernière est recherchée sous la contrainte du je-concept, comment pourrait-elle être atteinte ?

D’autre part, aussitôt que disparaît le je-concept, on la sent comme ayant toujours été présente.

Mais le je-concept ne désire qu’une pseudo-illumination, par laquelle il prétend être un sage ; l’accomplissement, impliquant son propre anéantissement, n’apparaît pas désirable du tout, et il placera sur sa route tous les obstacles possibles.

Ceci est la raison pour laquelle toute « méthode », « discipline », etc., assujettie au je-concept est nécessairement un chemin qui nous éloigne de chez nous. Etant donné que toute action qui n’est pas non-action, et ne peut donc être spontanée, se trouve accomplie sous la contrainte du je-concept – car il n’y a pas d’autre « acteur », j’entends d’autre acteur véritable – l’illumination ou satori ne peut être que la conséquence de la non-action.



Wei Wu Wei
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Pierre


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MessagePosté le: Ven 27 Déc - 16:14 (2013)    Sujet du message: http://lapiqreduscorpion.blogspot.fr Répondre en citant

Satori



« Avant l’obtention du satori, le satori est une illusion. Après son obtention, il n’est plus besoin de satori.
L’homme qui a le satori n’a plus besoin de satori, l’homme qui n’a pas le satori veut obtenir le satori.
Le satori échappe à ceux qui veulent l’obtenir.
Quand on a le satori, on peut comprendre qu’il n’y a pas de satori. »



Taisen Deshimaru

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MessagePosté le: Ven 27 Déc - 16:16 (2013)    Sujet du message: http://lapiqreduscorpion.blogspot.fr Répondre en citant

Heureux les pauvres ...



Tout le temps que vous avez la volonté d’accomplir la volonté de Dieu et que vous avez le désir de l’éternité et de Dieu, vous n’êtes pas pauvres, car seul est un homme pauvre celui qui ne veut rien et ne désire rien.


La pauvreté en esprit, c’est que l’homme soit tellement libéré de Dieu et de toutes ses œuvres que Dieu, s’il veut opérer dans l’âme, soit lui-même le lieu où il veut opérer, et cela, il le fait volontiers.


C’est pourquoi je prie Dieu qu’il me libère de « Dieu », car mon être essentiel est au-dessus de « Dieu ».




Maître Eckhart

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Menhir


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MessagePosté le: Sam 28 Déc - 10:26 (2013)    Sujet du message: http://lapiqreduscorpion.blogspot.fr Répondre en citant

La vie spirituelle c’est la vie de tout les jours vécue dans l’intensité du regard simple et le ravissement respectueux.


Merci Pierre pour tous ces extraits de Sagesse. Nous avons la tête dure, car tout à déjà été dit depuis longtemps. Il suffit juste d'être soi même.



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Autonomie et Liberté


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 09:53 (2018)    Sujet du message: http://lapiqreduscorpion.blogspot.fr

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