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Eckhart Tolle.

 
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Papillon


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Inscrit le: 03 Juil 2015
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MessagePosté le: Ven 9 Oct - 18:27 (2015)    Sujet du message: Eckhart Tolle. Répondre en citant

Nous avons quelques questions. Je vais en lire une, la première de la liste, celle qui semble intéresser la plupart des gens et nous passeront ensuite aux questions des gens qui sont ici, quelques-uns parmi vous. 
S’il n’y a pas au bout du compte de personne séparée, pourquoi nous sentons-nous attirés par une expression personnelle et individuelle de l’amour ? Si nous sommes tous la même conscience, qu’en est-il de l’amour personnel que nous ressentons pour des individus ? Quelle place occupe l’amour individuel pour une personne sur ce tableau plus vaste ? 
Au fait, il fait un peu froid ici et nous pouvons faire ce que font les méditants tibétains, générer de la chaleur dans le corps en plaçant notre attention dans le corps. 
Maintenant, l’amour, le véritable amour est transcendant et sans la reconnaissance du sans-forme en soi-même, il ne peut pas y avoir d’amour véritable, d’amour transcendant, parce que si vous ne pouvez pas reconnaître le sans-forme en vous-mêmes, vous ne pouvez pas vous reconnaître en l’autre. Et la reconnaissance de l’autre comme vous-mêmes, en essence et non pas en tant que forme, est l’amour véritable. Donc, tant que le mental conditionné est à l’oeuvre et que vous y êtes complètement identifiés, il n’y a pas d’amour véritable. Il peut y avoir des substituts, des choses appelées amour, mais qui ne sont pas l’amour véritable, par exemple le fait de tomber amoureux. 
Tomber amoureux, peut-être est-ce arrivé à la plupart d’entre nous. Une ou deux personnes sont peut-être amoureuses en ce moment, sont peut-être tombées amoureuses, et celles qui l’ont vécu, ont également vécu le fait de « tomber hors de l’amour ». Nous devons nous rappeler de comprendre, s’agissant de l’amour véritable et des autres formes du soi-disant amour, que nous sommes dans le relatif en tant que forme et dans l’absolu en tant que conscience sans forme. Ce sont les deux dimensions que l’être humain incarne en tant qu’humain et en tant qu’être, l’humain étant la forme et l’être étant la conscience intemporelle sans forme elle-même. 
Et la forme peut être attirée, avoir de l’affinité pour d’autres formes. Cela peut arriver pour de nombreuses raisons, l’une étant que cette forme provient d’une autre forme, votre mère. Il y a donc des affinités de cette forme-ci pour une autre forme. Vous avez donc un amour pour votre mère qui peut être qualifié de personnel et votre mère a un amour pour vous qui peut être qualifié de personnel. 
Un autre aspect de l’affinité pour une autre forme est l’attrait homme/femme. Cela peut aussi être l’attrait homme/homme et femme/femme, mais parlons pour l’instant de l’attrait homme/femme. Vous êtes attirés par un autre corps, l’attrait sexuel parfois appelé amour. Surtout quand l’acte sexuel est nié assez longtemps, il risque fort de se transformer en amour obsessionnel, à tel point que dans les cultures où l’on ne pouvait pas avoir de rapports sexuels avant le mariage, tomber amoureux pouvait être une chose énorme pour des gens et les pousser au suicide quand il n’y avait pas d’échanges. 
Il y a une affinité naturelle homme/femme. L’incomplétude primordiale de cette forme réside bien sûr dans le fait que vous soyez, ou un homme ou une femme. L’unité est donc devenue la dualité masculin/féminin, ce que vous retrouvez même avec les animaux et même avec les plantes. La dualité homme/femme : l’attraction de l’autre est une tentative pour trouver la complétude, l’achèvement, l’accomplissement avec la polarité opposée. C’est essayer de trouver l’unité merveilleuse, pour retourner au . . . C’est ce qui est à la base de l’attraction et là encore, cela concerne la forme, parce qu’au niveau de la forme, on n’est pas complet, on n’est que la moitié du tout. Une moitié de l’humanité est masculine et l’autre moitié est féminine, à peu près. 
Si vous êtes une femme et que vous n’aimez pas les hommes, ou que vous êtes un homme et vous plaignez des femmes, vous n’aimez pas la moitié de l’humanité, vous vous plaignez de la moitié de l’humanité, l’autre moitié. 
On a donc l’attraction de l’autre et l’on peut vouloir ensuite trouver en un autre être humain certaines qualités qui sont au diapason de certaines qualités en soi-même, de certaines fréquences émotionnelles en soi-même. On peut encore se sentir attiré par des qualités qui ne sont pas au diapason des siennes mais opposées. Vous pouvez être une personne très paisible et être attirés par une personne très théâtrale – cela peut arriver – ou être une personne théâtrale attirée par une personne paisible. Là encore, il y a l’espoir d’une certaine complétude. Vous pouvez donc avoir de l’affinité avec une autre forme qui serait appelée l’amour personnel. 
Maintenant, s’il n’y a rien d’autre que l’amour personnel, que ce soit au niveau sexuel ou émotionnel, homme/femme, homme/homme ou femme/femme, l’amour émotionnel entre parents et enfants… Il y a ce lien puissant, cette affinité, parce que ce corps provient d’un autre corps, étant le produit de deux corps qui se sont unis. Il y a donc naturellement l’amour pour ses parents et l’amour des parents pour leurs enfants. 
Tout cela est très bien, mais se pose une question essentielle : y a-t-il ou non autre chose ? S’il n’y a que l’affinité personnelle ou l’attraction d’une autre personne, ce qu’il manque, c’est la dimension transcendante du sans-forme où émerge l’amour véritable. Est-ce que l’amour véritable fait partie de l’amour personnel ou n’y aurait-il rien d’autre que le niveau personnel ? 
Selon le cas, le soi-disant amour, soit finira en quelque chose de douloureux, de frustrant ou il mourra, soit s’approfondira. Par exemple, il y a l’attraction de deux humains qui peut être sexuelle au départ. S’ils se mettent à vivre ensemble, cela ne peut pas durer longtemps et constituer l’accomplissement de la relation. À un certain moment, les niveaux sexuel et émotionnel doivent s’approfondir et la dimension transcendante doit survenir d’une manière ou d’une autre. Ne serait-ce qu’à un certain degré, elle doit survenir. Si la relation doit s’approfondir, l’amour véritable doit transparaître dans l’amour personnel. 
Donc, la chose importante, est-ce que transparaît l’amour véritable qui émane de la dimension non formelle intemporelle de qui vous êtes dans l’amour personnel qui a à voir avec l’affinité des formes ? Si l’amour véritable ne transparaît pas, il y a complète identification à la forme, à l’ego. La forme est ultimement l’ego. C’est alors une recherche de l’amour que vous ne trouverez jamais en réalité. 
De nombreuses fois, vous pouvez penser que vous l’avez trouvé pour découvrir ensuite que ce n’était pas le cas : « C’était la personne qui allait être la bonne. Oh non ! » Après avoir vécu ensemble un certain temps, vous comprenez et vous vous dites : « Je me suis trompé. J’étais complètement dans l’illusion ». Le mental peut encore inventer d’autres histoires : « Il ou elle m’a dupé complètement », sans voir que vous vous êtes dupés vous-mêmes, « il m’a dupé, il m’a trompé. Il m’a fait croire qu’il m’aimait et il ne m’aime pas du tout. Il m’avait promis le bonheur et rien ! ». 
Et même entre parents et enfants, où il y a un attachement profond au niveau de la forme, un lien très étroit, là encore, si la dimension transcendante ne transparaît pas, l’amour entre les parents et les enfants finira tôt ou tard en quelque chose d’autre. C’est pourquoi tant de gens ont des relations si problématiques avec leurs parents… parce que vous avez les egos. 
Quand il n’y a que la forme, certes vous éprouvez un attrait puissant, vous allez les voir, vous voulez d’eux quelque chose qu’ils ne peuvent pas vous donner, vous y retournez cependant encore et encore et tout ce que vous obtenez, ce sont les mêmes vieilles réactions. Il y a donc beaucoup de souffrance là où il y a un attachement, une affinité entre deux êtres humains sans que transparaisse la dimension transcendante. Aussi étroit que soit le lien, ce sera une forme de souffrance. 
Dans toute relation, même si certaines relations peuvent n’être au début basées que sur la forme, comme avec la sexualité, il peut arriver que l’autre dimension arrive après un certain temps, peut-être seulement après de nombreux problèmes et avoir même été proche de la rupture. Il y a tout à coup un approfondissement et vous êtes en mesure d’amener de l’espace. Et vous avez là un mot-clé : y a-t-il de l’espace dans cette relation, l’espace intérieur, une impression d’espace, ou n’y a-t-il que des pensées et des émotions, des pensées et des émotions ? Est-ce tout ce qu’il y a ? C’est une horrible prison que vous habitez… si vous vivez avec une personne et que tout ce que vous avez, ce sont des pensées et des émotions ! 
Bien sûr, de temps en temps, ça va bien, parce que vous en avez assez de vous battre, mais à nouveau très vite, reviennent inlassablement les frictions, les désaccords, des trucs, des trucs. Même les gens qui ont fait des années de thérapie continuent de dire : « Il y a tellement de choses qui remontent dans mes relations, tellement de choses qui remontent ». Il n’y a évidemment pas de fin aux choses, aux trucs, parce que de nouveaux trucs sont générés continuellement. 
Oui, nous devons reconnaître qu’il y a des affinités personnelles, mais elles ne sont jamais épanouissantes en elles-mêmes et si souvent, elles sont surtout la source de la souffrance. L’amour devient donc une source de souffrance, le soi-disant amour, quand manque le transcendant. Donc, comment est-ce que la dimension transcendante arrive ? En étant spacieux avec l’autre, ce qui veut essentiellement dire que vous accédez en vous-mêmes au silence pendant que vous regardez l’autre, pendant que vous écoutez l’autre ou, si c’est une relation intime, pendant que vous touchez l’autre, simplement le silence et non pas le bruit mental, ni les vagues émotionnelles. Cela ne signifie pas qu’il ne peut pas y avoir des pensées et des émotions, mais il y a quelque chose d’autre de présent dans la relation, cet espace. 
Et cela ne s’applique pas seulement aux relations personnelles intimes que j’appelle les relations d’amour. Cela s’applique aussi aux relations plus superficielles, au travail par exemple ou quand vous rencontrez une personne pour un bref moment, parce qu’elle est assise à côté de vous dans l’avion. Même lors d’une opération commerciale avec quelqu’un, en toutes sortes de relations qui ne sont pas des relations d’amour, y a-t-il là de l’espace ? En toute relation humaine, rappelez-vous la question : y a-t-il de l’espace ? On pourrait l’utiliser comme un petit mantra. C’est bien sûr une pensée. C’est un indicateur. It’s a pointer beyond itself Il pointe au-delà de lui-même. Y a-t-il de l’espace dans cette relation ? 
Essentiellement, disons-le franchement, l’espace est là quand les pensées sont devenues insignifiantes, tout jugement dans la tête, aussi quand les émotions sont devenues insignifiantes. Quelque chose de plus profond est là, la conscience, le silence, le silence vivant, vigilant, l’espace. 
C’est incroyable – je l’ai observé souvent – quand les gens ont vécu ensemble un certain temps, l’autre n’est plus reconnu dans la vie quotidienne, parce qu’il y a tant à faire pour la plupart des gens. Par exemple, quand vous vous réveillez le matin, y a-t-il un moment où vous reconnaissez la présence de l’autre ? Cela n’a pas besoin de durer longtemps. Quand l’autre revient du travail, est-ce que vous lui dites immédiatement : « Tu as pensé à faire ceci, cela ? » ou « Tu sais ce qu’on doit faire ? » ? Il est à peine arrivé, vous n’avez même pas reconnu sa présence : « Tu sais ce qu’on doit faire maintenant ? Il faut que… Je dois… ». Vous êtes dévorés par les pensées. 
Vous pourriez dire encore : « Tu sais ce que tu m’as dit hier soir ? Je n’ai pas arrêté d’y penser, ça me reste vraiment en travers de la gorge ! ». Vous étiez bien jusqu’à ce que vous vous mettiez à y penser et comme vous y pensez maintenant, vous êtes plein de ressentiment. Trop de penser, trop peu de présence ! Oui, des émotions remonteront encore et là encore, il y aura la possibilité d’être présent avec l’émotion de sorte que vous ne soyez pas juste sous son emprise et qu’elle soit simplement là dans l’espace de qui vous êtes. Là, vous pouvez sentir la vague émotionnelle. 
Il est possible de ne pas exagérer son émotion. Toute chose que vous exagérez ne peut plus vous aider. Vous pouvez dire votre émotion : « Je sens ceci, cela dans l’instant ». Souvent, elle passe ainsi, si vous ne l’alimentez pas avec vos pensées. Simplement, vous la reconnaissez. Si vous alimentez l’émotion avec vos pensées, il y a un cercle vicieux où l’émotion génère plus de pensées et les pensées plus d’émotions. 
C’est en réalité la chose la plus merveilleuse si vous pouvez être là pour l’autre en tant qu’espace plutôt qu’en tant que personne, parce que la personne est une forme. Or, quand je dis cela, il vous faut sentir en cet instant même le fait d’être ici en tant qu’espace. En cet instant même, vous pouvez être ici, soit en tant que personne, soit… Bien sûr, la personne est là de toute façon. Le corps ne va pas disparaître tout de suite. Vous êtes donc en sécurité. Le corps est ici et reste sur cette chaise, c’est OK. Vous avez aussi un passé qui ne va pas vous quitter non plus. Vous vous rappelez votre nom, ce qui vous est arrivé l’année dernière, il y a dix ans. Vous pouvez même vous rappeler votre ex-mari ou votre ex-femme. Tout cela demeure et ne va pas disparaître. 
Et cependant, avez-vous besoin de transporter tout ça avec vous ? Il y a surtout la capacité de sortir de la dimension personnelle pour entrer dans la dimension du moment présent, de la présence, ce qui n’a rien à voir avec votre passé, et d’être présent, vigilant. Et percevez que votre identité ne provient pas de votre histoire passée, mais qui vous êtes véritablement est la présence vigilante qui est inséparable du moment présent, maintenant. C’est qui vous êtes, ceci, ce qui n’a ni nom ni forme. En réalité, vous ne pouvez absolument pas le nommer quoique nous le fassions, parce qu’il nous faut bien utiliser de petits indicateurs. 
Vous êtes cela, le silence vigilant. Vous n’êtes pas une personne. Ce n’est que la forme, parce que cette chose va s’en aller très bientôt. Que ce soit l’année prochaine ou dans quarante ans, ce sera bientôt. Et quand viendra la mort, ce sera aujourd’hui. 
Autant que possible, soyez ici, avec un autre humain, ou alors que vous êtes assis ici comme étant une présence. Vous êtes une présence ici, vous êtes la présence, et c’est seulement comme identité secondaire, l’identité relative, que vous êtes une personne avec un passé. Or, la plupart des gens tirent leur identité de leur passé, à savoir leurs pensées, et si vous pouvez maintenant tirer votre identité de la conscience elle-même, cela veut dire que vous avez transcendé la personne. Si vous pouvez vivre votre vie de façon à ce que le transcendant puisse y transparaître, y compris dans le domaine personnel de ce monde, c’est alors l’accomplissement de votre destinée. Amener cela. 
Et c’est en réalité aimer. Pour dire cela autrement, c’est être ici en tant qu’être aimant. Vous aimez alors tout ce que vous rencontrez, parce qu’il y a une résonance, non pas seulement l’affinité de la personne avec une autre personne, laquelle est très sélective, une résonance avec toute vie, non plus la seule sélection de quelques personnes, d’un bel homme ou d’une belle femme, de sa mère, de son père, etc. C’est un sentiment général inconditionnel de non-séparation d’avec la vie qui fait presque un peu bizarre. 
Je me surprends parfois moi-même à prendre un objet et à simplement apprécier sa présence, son être. Cela peut être n’importe quoi, un tube de dentifrice, un stylo… Cela n’a pas besoin d’être quelque chose de spécial et cela se produit de façon naturelle, l’appréciation de l’état d’être de chaque chose, peut-être pas continuellement, parce que vous auriez l’air un peu bizarre si vous vous mettiez à . . . et les gens pourraient penser que vous avez pris quelque chose. 
Quand il y a l’espace, l’amour rayonne et qu’est-ce que l’amour à nouveau ? La reconnaissance de votre unité avec toute vie. Et la vie est toute chose, animée ou inanimée. Ultimement, il n’y a rien d’inanimé, parce que si vous regardez assez profondément dans les choses soi-disant inanimées, vous trouvez la vie, la vie vibrante. Tous les physiciens vous le diront. Si vous allez suffisamment dans la profondeur d’une pierre, vous trouvez la vie vibrante. Et c’est autour de vous. 
Or, vous ne savez plus que vous êtes entourés par le merveilleux des choses, parce que la dimension transcendante n’est pas là et vous ne pouvez donc pas voir que toute chose fait partie de qui vous êtes. Ainsi, l’amour n’est pas là. Cela veut dire que ce qui manque, c’est le sentiment d’unité. Et donc, pour restaurer cela… Je parle de restauration en supposant qu’à un certain moment, avant de se développer, les humains vivaient peut-être dans cet état d’unité et qu’ils l’ont perdu. Ils étaient destinés à le perdre et nous sommes maintenant destinés à le retrouver à un niveau plus profond, parce que quand vous ne l’avez jamais perdu, vous ne savez même pas que vous l’avez. Vous ne l’appréciez pas. 
Nous parlons donc de l’amour. Ce n’est pas juste entre deux êtres humains, ce qui est magnifique et c’est très différent de ce que vous dit l’ego à ce sujet. Ce n’est en rien un besoin. On pourrait dire que c’est un écoulement, quelque chose qui s’extériorise, plutôt qu’un désir, qu’un vouloir. Il y a tellement de beauté autour de vous et pas seulement ce qui est conventionnellement considéré comme beau. Une fleur offre bien sûr une beauté suprême. Mais la beauté se trouve même là où l’on ne l’attendrait pas habituellement. 
Il y a une belle scène… Certains films… J’ai donné une conférence il y a un certain temps sur la dimension transcendante du cinéma qu’on voit de temps en temps et c’est magnifique. J’essaie toujours de la repérer quand je regarde un film ou lis un roman : y a-t-il là la présence de la dimension transcendante ou non ? Est-ce que tous les personnages du film sont complètement piégés dans leur identité en tant que forme, dans leur ego ? C’est bien sûr le cas dans beaucoup de films et peut-être que les gens aiment les voir, parce qu’ils peuvent se dire alors : « Oh, il est exactement comme moi ! ». 
Il y a par exemple le film « American Beauty » (Beauté américaine) qui est sorti il y a des années. L’un des personnages se déplace – un jeune homme pour ceux qui ont vu le film – avec une caméra et soit le réalisateur a voulu les choses ainsi, soit cela s’est produit par hasard – je ne sais pas – mais pour moi, le spectateur du film est mis en situation d’être conscient, parce qu’il se déplace en filmant tout de façon passive. Donc, quand vous voyez cela dans le film, vous devenez le témoin conscient, parce que la caméra symbolise le témoin. 
Et il y a donc cette scène où l’on voit… Je pense que c’est un sachet en plastique ou en papier qui est emporté par le vent et c’est filmé. Et il y a ce commentaire à l’arrière-plan sur ce mouvement : « Comme c’est merveilleux ! ». C’est donc un moment transcendant quand le scénario du film, lequel est bien sûr problématique, sans quoi il n’y aurait pas de film – quand le scénario s’ouvre tout à coup et quelqu’un se met à regarder un morceau de papier ou un sachet en papier emporté par le vent et à dire : « Que c’est merveilleux ! ». C’est une percée de la dimension transcendante et c’est magnifique de le voir dans un film. 
Il en va de même pour votre vie. Il y a votre situation existentielle, mais y a-t-il là une irruption du transcendant ? Sans cela, votre vie devient de plus en plus difficile, stagnante, pleine de colère ou d’agacement. Et c’est là en fait où nous parlons d’amour, parce que quand vous voyez de la beauté en toute chose, cette appréciation de tout ce qui vous entoure est une forme d’amour. C’est l’amour. Toutes les manifestations de la vie, le jeu de la vie autour de vous, incluant même la circulation routière. Le mental dit que la circulation est épouvantable. Eh bien, c’est une manifestation de l’univers qui s’amuse ainsi, qui produit d’innombrables manifestation de vie et si vous êtes enracinés dans le transcendant, vous pouvez *** la beauté jusque dans les phares des voitures… La lumière ! 
Et la circulation des gens : simplement regarder avec amour pour voir les manifestations infinies de la forme humaine. IL y a des milliards d’humains qui vivent sur la planète, si différents ! Certes, il y a bien des schémas mentaux qui sont très similaires, mais les gens sont tous un peu différents. Aucune personne n’est exactement la même qu’une autre. C’est la vie qui produit ces formes. Mais vous ne pouvez apprécier la beauté que si elle repose sur la dimension du sans-forme en vous-mêmes. Les formes peuvent alors être appréciées. Sans cela, sans l’espace à l’intérieur, soit vous désirerez de ces formes que vous voyez, soit vous serez plein de peur, que les formes soient des êtres humains, des situations, des endroits ou n’importe quoi d’autre. Il ne peut pas y avoir là d’appréciation véritable. 
Et c’est même relié à la gratitude. C’est un mot important, mais les gens ne savent pas ce qu’il implique. La gratitude est simplement l’appréciation de ce qui est sous quelque forme que ce soit, l’aimer et non pas le désirer, l’aimer. 
Partagé par : Messages Célestes
 

 
 

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MessagePosté le: Ven 9 Oct - 18:27 (2015)    Sujet du message: Publicité

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Papillon


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Inscrit le: 03 Juil 2015
Messages: 227
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MessagePosté le: Ven 9 Oct - 19:35 (2015)    Sujet du message: Eckhart Tolle. Répondre en citant

Par Eckhart Tolle 
 
Avez-vous des suggestions pour éviter de chuter… en entrant par un « Portail » vers la Présence?
 
– Q. – Bonjour. Quand j’essaie d’être présente en utilisant l’une des portes d’entrée, comme suivre sa respiration, je tombe très vite sous le niveau de la pensée et, soit je m’endors, soit je sombre dans une sorte de calme ennuyeux sans vigilance. Avez-vous des suggestions ?

– E. – Merci, merci.
C’est ce qui se passe avec beaucoup de gens quand ils sortent du mental. Disons qu’il y a ici le niveau du penser : . . . Et vous avez ensuite une immensité au-dessous du penser, pour le dire ainsi, et une immensité au-dessus du penser. Quand vous vous élevez au-dessus du penser, il peut arriver que vous replongiez dans le penser, à travers le penser pour finir dessous le penser. Cela arrive même à beaucoup de moines bouddhistes qui méditent.
Il y a de nombreuses années, j’allais de temps en temps dans des monastères bouddhistes et je voyais les moines méditer très tôt le matin, à 5 heures du matin. Ils sont assis là, très présents et après 15-20 minutes, vous pouvez voir certains d’entre eux. Je ne devais pas être en train de méditer puisque je les observais. Certains étaient donc là . . . Ils ne tombent jamais en réalité, mais ils sont tombés au-dessous du penser.
Donc, vous devriez pratiquer, non pas tellement quand vous êtes tranquillement assise, mais en amenant la présence dans vos activités plutôt que… Cela peut être fait de multiples façons.
Vous pouvez choisir consciemment d’utiliser une activité particulière qui soit également brève au début. Si cela dure trop, vous ne tiendrez probablement pas. Vous commencez donc avec des activités de courte durée et vous utilisez chaque activité comme véhicule pour la présence. On peut presque dire que l’activité est une excuse pour être présent dans le faire et cela veut dire que le faire n’est plus essentiellement un moyen pour arriver à ses fins. Il est une fin en soi.
Cela pourrait donc être une chose aussi simple que de traverser la pièce, d’ici à la porte, en étant simplement présent à chaque pas et vous n’avez pas besoin d’avoir l’air bizarre, de marcher comme sur des oeufs par exemple. Pas ça, mais une marche normal, peut-être un peu plus lente que d’habitude et ce n’est même pas obligé. Simplement, vous êtes présents à chaque pas. Cela veut dire que dans cet espace, vous pouvez utiliser une activité et la considérer comme un espace temporel dans lequel vous ne pensez pas.
Vous pouvez aller vous promenez. Vous voyez un réverbère… Bon, pas à Los Angeles, parce que personne ne marche ici, mais si vous êtes ailleurs… Ne vous promenez pas ici, vous allez vous faire arrêter ! Si vous faites du jogging ou si vous avez un chien, ça va ! Mais si vous ne faites que vous promenez, si vous ne faites pas de jogging et n’avez pas de chien. Je l’ai fait avec un ami à Santa Monica. On se promenait autour d’un pâté de maisons et la police nous a suivis… un soir ! Vous vous promenez et il y a un réverbère à quelques mètres et de l’endroit où vous êtes jusqu’au réverbère, vous pratiquez la présence. Cela devient un espace sans penser, simplement avec la présence vigilante . . . Et vous arrivez au réverbère.
Ensuite, vous êtes libres de penser à nouveau ou de choisir le réverbère suivant pour permettre un autre espace sans penser. C’est une belle pratique. Auparavant, si vous alliez marcher, vous aviez pu n’en faire qu’une chose purement physique : « J’ai besoin d’exercice, il faut que je marche ». C’est bien, c’est utile, mais votre mental était autre part, comme c’est le cas pour la plupart des gens, qu’ils se promènent ou fassent du jogging. Leur mental est autre part.
Je me promène souvent dans la forêt et je rencontre des gens dont très peu sont vraiment présents où ils se trouvent. Certains ont des choses dans les oreilles, des machines à bruit, comme si la machine à bruit dans leur tête ne suffisait pas. Ils ont un appareil électronique qui fait du bruit dans leurs oreilles. Tout en se promenant, ils peuvent encore parler de leurs problèmes à un ami, entrevoyant par instant une chose ou une autre : « Oh, quel bel arbre ! Et il m’a dit alors… ».
Commencez donc avec quelque chose de très simple, comme essuyer la table, ce que vous devez faire de temps en temps, faire la poussière. En nettoyant la table, vous nettoyez votre mental. C’est une belle chose.
Autre chose que je conseille également, je le dis quelque part dans le livre, c’est pour les moments où vous devez attendre. Vous faites la queue quelque part, dans un magasin, à l’aéroport… Plutôt que d’entretenir des pensées inutiles, utilisez ce temps pour être présent. Vous pouvez utiliser votre respiration, sentir le corps subtil ou être pleinement conscient des perceptions sensorielles, sans rien juger, simplement en regardant autour de vous tandis que vous faites la queue au supermarché. Vous ne vous plaignez pas en voyant la caissière ou le caissier qui fait son travail ou vous regardez les autres clients.
Vous êtes pleinement conscients des perceptions sensorielles comme un petit enfant. L’enfant n’est pas là depuis longtemps et il regarde comme ça . . . Tout est nouveau. Vous n’avez pas besoin de relever quoi que ce soit, vous êtes simplement là. En fait, il est très probable… J’appelle ça la pratique du fait d’être invisible. Je la pratique souvent, mais avec moins de succès aujourd’hui malheureusement. On se rend dans un endroit publique dans l’état de la présence, sans pensées, sans rien juger ni personne. Il est alors fort probable que personne ne vous regarde. Autrement dit, vous devenez plus ou moins invisibles. Vous n’attirez pas l’attention, ni quoi que ce soit.
Tout à l’heure dans la conférence, j’ai évoqué la possibilité « d’être la vallée plutôt que la montagne ». Donc, si vous allez dans un endroit, non pas en tant que montagne . . . ce qui vous fait regarder autour de vous, remarquer les gens, vérifier s’ils vous remarquent – c’est la montagne – ou en ayant peur, en se sentant embarrassé. Vous êtes toujours la montagne. Vous ne voulez pas être vus, mais vous éprouvez que tout le monde vous regarde. Vous êtes toujours la montagne.
Donc, pouvez-vous aller dans un endroit public en étant la vallée ? Cela veut dire : pas de pensées, juste la présence, la simple présence vigilante, pas de jugements. Ainsi, les gens ne vous voient pas. C’est magnifique. Vous devenez invisibles. Pour l’ego, ce n’est pas nécessairement agréable, parce que l’ego veut de la reconnaissance : « Qu’ils reconnaissent au moins que je suis là ! Et si vous ne pouvez rien dire de bien sur moi, dites quelque chose de mal ! C’est au moins reconnaître mon existence. »
L’ego veut être reconnu, mais une manière très paisible, très puissante d’être quelque part est de s’y trouver en tant qu’entité invisible. Cela me rappelle une fois où j’étais avec Kim à Miami Beach dans un café. On avait dû y être très présent, parce que… Et bien sûr, on était entouré par des gens qui avaient un corps superbe . . . et l’on était là assis depuis longtemps et le serveur ne nous voyait pas. Après un certain temps, j’ai dit à Kim : « Laissons faire et voyons combien de temps ça va durer ! ». Et cela n’en finissait pas. Ils ne nous voyaient pas. Maintenant, vous pourriez dire qu’on avait l’air trop piteux dans cet endroit remplis de tant de si belles personnes, mais je crois que cela avait aussi à voir avec le fait d’être silencieux.
Donc, les endroits publics, c’est une belle pratique, être silencieux dans des endroits publics, si vous avez envie de le faire et toutes sortes d’activités qui ne prennent pas beaucoup de temps, des choses que vous feriez de toute façon. Préparer un repas… C’est peut-être un peu long si je dis « soyez présent pendant que vous le préparez », en fonction bien sûr du temps de la cuisson. Si ça devait vous prendre deux heures, vous pourriez avoir du mal. Vous pourriez commencer avec un oeuf à la coque. Ça ne vous prendra que trois minutes. Voyez si vous pouvez être présents en le mettant dans la casserole, en la remplissant d’eau, en allumant et en regardant l’eau qui se met à bouillir…
Prenez n’importe quoi qui implique le mouvement. Je donne souvent cet exemple, sans doute parce que j’ai toujours un verre d’eau avec moi quand je parle : prendre quelque chose pour le poser autre part ou en prenant ce verre, ça peut être une pratique de la présence et c’est là où, quand vous l’associez au mouvement, vous ne tombez pas sous le penser, parce que si vous tombez sous le penser, le verre vous échappera peut-être des mains. Pendant que le verre passe de la table à la bouche, pouvez-vous être présents ? Ici, l’action n’est pas le moyen pour arriver à ses fins, il y a juste le mouvement. Ensuite, le verre retourne sur la table et pendant qu’il retourne sur la table, pouvez-vous être simplement vigilants, sans pensées. Vous utilisez donc ce mouvement pour créer un espace sans pensées, rien d’autre.
C’est donc ici un espace sans pensées. C’est le mouvement et puisque c’est si magnifique, vous le refaites : « Oh !… Oh !… ». Et arrive la pensée qui dit : « Je peux le faire ! »
 
Comment ne pas prendre ses désirs pour la réalité ?
 
– Q. – Voici ma question : comment faire la différence entre trop de conseils et prendre ses désirs pour des réalités ?
– E. – Oui. Et peut-être s’agit-il de savoir s’il y a lieu de croire aux pensées qui surgissent dans la tête. OK, merci. Avez-vous un exemple de ce qui se serait peut-être passé récemment ?
– Q. – Oui. Nous avons mis deux ans pour vendre notre maison. C’était beaucoup de stress. On se demandait où aller s’installer, ce qui serait à notre portée, aussi pour garder mes chevaux. J’ai cherché dans tout le pays et j’ai pensé que Portland dans l’Oregon pouvait être bien. J’ai retenu cette idée et j’ai pensé que c’était OK. Je me sentais vraiment bien avec ça et j’ai des amis là-bas. Nous y sommes donc allés et nous ne nous y sommes pas sentis bien. J’avais pourtant été convaincue que c’était le bon endroit et il n’en fut rien. Donc, illusions ou ?
– E. – Donc, quand vous avez été là, vous vous êtes rendu compte que ce n’était pas le bon endroit pour vous ?
– Q. – Exact, quand j’ai été là-bas, sur place, j’ai senti que ce n’était pas le bon endroit pour nous.
– E. – Est-ce qu’il pleuvait ?
– Q. – Non, au contraire, plus de 30 °, il faisait beau, c’était magnifique, mais on ne s’y sentait pas bien.
– E. – Oui, OK, merci.
Le mental peut souvent créer une image de quelque chose ou de quelqu’un et croire que c’est la réalité. J’ai un exemple fort de ça, quelqu’un que je connais, bien sûr quelque chose qui arrive probablement à beaucoup de gens aujourd’hui, et il aime passer du temps sur Internet. Il recherche une femme avec qui établir une relation d’amour. Il en a trouvé une et ils ont commencé à s’écrire tous les jours pendant plusieurs mois. Il était dans le Nord et elle était en Californie. Ils ont donc mis du temps à se rencontrer. Dans sa tête, l’image de cette femme ne cessait de grandir et il se sentait presque en train d’en tomber amoureux. Il ne l’avait jamais rencontrée et tout ce dont il tombait amoureux était l’image qu’il avait créée dans sa tête.
Il est venu me voir quelques fois en me disant : « Il faut que tu la rencontres. Ça ne sert à rien d’en parler », parce qu’il voulait parler de sa relation, mais il n’en avait pas, excepté avec des pensées dans sa tête. Finalement, ils se sont rencontrés et ce fut la fin de l’histoire.
Les pensées créent donc souvent une image et nous y croyons. À chaque fois que vous le pouvez, c’est mieux de faire face directement à la réalité comme dans l’exemple que je viens d’évoquer, voir la personne ou, dans votre cas, l’endroit. Il arrive souvent que les gens se fassent une image dans la tête d’un endroit où ils veulent se rendre et ils se sentent vraiment bien. Ils se sentent bien, parce qu’ils prennent la belle image mentale pour la réalité.
Ils ne sont donc pas en contact avec la réalité, ici l’endroit, mais avec l’image qu’ils s’en font. « Je vais aller à… où que ce soit, à Tahiti. Ça me plaît vraiment : les palmiers, le soleil, la chaleur. Je serai tous les jours à la plage ». Bon, vous êtes probablement à la plage tous les jours. Je ne veux pas dire que Tahiti ne soit pas bien, mais une fois que vous vous retrouvez là-bas, ça peut ne pas vous convenir, parce que c’était une image dans votre tête que vous aviez créée.
Certaines personnes vont s’installer dans un autre pays qu’ils ne connaissent pas. Je l’ai su par un ami anglais qui voulait aller au Canada. Il avait dû voir des photos ou des films sur Calgary avec les montagnes, le ski et tout ça. Ils ont tout abandonné, vendu leur maison en Angleterre, ont emménagé à Calgary et les premiers mois se sont bien passés, mais l’hiver est arrivé ! Ils sont retournés en Angleterre l’année suivante. Ils avaient créé une image.
Donc, à chaque fois que c’est possible, faites directement face à la réalité s’il y a effectivement une réalité. Dans d’autres cas, quand la pensée survient, vous pouvez ne pas être en mesure de vérifier, parce que vous pouvez avoir une pensée concernant ce que vous devez faire. Là, vous ne pouvez pas vérifier s’il est juste ou non de le faire : « C’est ce que j’ai à faire ». Maintenant, je ne parle pas du fait de créer une image dans votre tête, mais du faire. Sentez l’énergie derrière ce que vous pensez et si elle demeure en vous durablement. Il faut que je démarre… une chose ou l’autre… que j’élève des chiens ou n’importe quoi d’autre. C’est vraiment ce que je veux faire. Or, avez-vous été suffisamment en contact avec des chiens ou n’est-ce là encore qu’une image ?
Des gens pourraient dire : « Je veux donner des concerts de piano ; je veux devenir écrivain. C’est vraiment ce qui me fait me sentir bien, devenir écrivain ». OK, vous êtes-vous intéressés à la littérature ? Avez-vous lu des livres ? « Oui, j’ai cinq livres à la maison ! »
Ces gens ont seulement une image de ce qu’ils voudraient faire. Vérifiez d’abord si c’est quelque chose qui correspond vraiment à l’une de vos aptitudes, au-delà du penser. Vous devez aller au-delà du penser pour voir si la chose est juste pour vous ou si ce n’est qu’une image dans votre tête. « Je veux être acteur ». Êtes-vous capables de jouer ? C’est la première question. Bon, même des acteurs célèbres ne se la posent pas, mais c’est très utile.
Est-ce que je choisis de vivre cette relation ou est-ce que je dois maintenir ma relation actuelle ? Et des gens passent des années dans une relation avec cette question : « Est-ce que je devrais partir ou est-ce que je dois rester ? » Qu’elle soit positive ou négative, quand la chose est vraiment juste, il y a un champ de paix sous-jacent et ce n’est pas juste une pensée passagère. La semaine suivante, le mois suivant, c’est toujours là : la paix avec la chose en question.
Un cours en miracles dit : « Toute pensée aimante est vraie. Tout le reste est un appel à la guérison et à l’aide ». Donc, transposez cela ! Ne croyez pas à toutes vos pensées. Vous devez être vigilants, présents. Plus vous êtes vigilants, plus vous êtes présents et plus vous avez de chances de ne pas être trompé par les pensées. Mais même si vous êtes à l’occasion trompés par des pensées, c’est OK. Vous vous êtes embarqués quelque part et vous avez appris une leçon. Vous avez appris quelque chose. Maintenant, vous connaissez au moins quelque chose que vous ne voulez pas. Découvrez-en quelques autres, mais maintenant, avant de tomber amoureux d’une pensée ou d’une image, allez-y d’abord. Et si c’est bon, passez à l’étape suivante. Touchez la réalité au-delà de la pensée.
 
L’égo est-il la source de nos pensées ou celles ci sont-elles générées ailleurs ?
 
– Q. – L’ego est-il la source de nos pensées ou nos pensées passent-elles par l’ego en étant produites ailleurs ?
– E. – Oh, merci !
Il n’y a pas d’ego en dehors des pensées. Les pensées, l’identification avec les pensées, c’est l’ego. Or, les pensées qui vous traversent l’esprit sont bien sûr reliées au mental collectif de la culture dans laquelle vous vivez, de l’humanité, de l’ensemble… Ce ne sont donc pas vos pensées en tant que telles, mais vous les prenez du collectif pour la plupart. Vous vous identifiez donc avec le penser et cette identification devient l’ego, ce qui veut simplement dire que vous croyez en toute pensée qui émerge et vous tirez le sentiment de qui vous êtes de ce que le mental vous dit à votre sujet : des opinions, des points de vue, « c’est moi ».
Des gens se parlent à eux-mêmes : « Tu es… » ou « Tu es si bon ! Pourquoi est-ce que le monde ne te reconnaît pas ? ». Le mental dit encore : « Tu es mauvais ». C’est la même chose. « Tu es vraiment mauvais. Tu rates tout, non ? ». Et vous y croyez. Vous avez alors une piètre opinion de vous-mêmes. Pourquoi est-ce que vous avez cette piètre opinion ? Parce que vous croyez en vos pensées. Et pourquoi est-ce que vous avez ces pensées ? Vous les avez probablement prises quelque part, peut-être dans l’enfance. Peut-être votre mère était-elle si stressée qu’elle vous disait « tu es mauvais ». Vous avez donc pris certaines pensées et elles sont bloquées dans votre tête.
Les pensées que vous avez entendues dans votre enfance sont de petites formes faites d’énergie comme des entités qui sont enfermées dans la tête et qui refusent de s’en aller. Et plus vous croyez en elles, plus elles sont profondément ancrées dans votre mental. Certaines personnes sont donc coincées avec des entités très hostiles. Je parle d’entités, non pas de façon à faire froid dans le dos, mais chaque pensée est une forme faite d’énergie et en tant que telle, nous pouvons l’appeler « entité ».
Et il y a beaucoup de gens en ce monde qui demeurent coincés avec des entités hostiles qui critiquent et attaquent continuellement, qui nient la vie, que ces gens portent dans leur tête en croyant que c’est ce qu’ils sont. Et ils s’attaquent continuellement eux-mêmes. Quand ils ne s’attaquent pas eux-mêmes, ils attaquent les autres autour d’eux, mais qui vous dit qui vous êtes ? Bien sûr, ce qu’elles disent en fait, c’est « Laisse-moi te dire qui je suis ». Elles projettent… Vous connaissez le célèbre dicton : « Nous ne voyons pas les choses telles qu’elles sont, nous les voyons tels que nous sommes », ce qui veut dire que vous considérez la réalité à travers l’écran de vos pensées et de vos jugements conditionnés par le passé.
C’est horrible de vivre dans une prison pareille ! C’est pire que de porter des oeillères. C’est comme regarder la réalité à travers des voiles très épais. « Oh, ça a l’air bien sombre ici ! Est-ce un être humain ou… ? »
Donc, l’identification avec le penser, croire en ses pensées, ne pas avoir d’espace à l’extérieur du va-et-vient des pensées, et nous en arrivons de nouveau à la chose essentielle : le manque d’espace à l’intérieur. C’est la condition inconsciente, le fait d’être spirituellement et complètement inconscient. Vous supportez alors le poids d’un ego encombrant. Vous êtes l’ego, lequel n’est pas une entité en dehors des pensées. Il est constitué des pensées auxquelles vous vous êtes identifiés. Et le premier moment de la libération survient quand vous vous rendez compte que certaines pensées ont été dans votre tête peut-être depuis de nombreuses années, que ce ne sont que des pensées et que vous n’êtes pas les pensées. Vous êtes la conscience.
Dans mon cas, j’ai pris conscience d’une pensée qui s’était mise en place dans l’enfance. L’une des nombreuses pensées négatives que j’avais était « c’est toujours à moi que les mauvaises choses arrivent. C’est toujours à moi que les mauvaises choses arrivent ». Je voyais les gens autour de moi et je me disais : « Ils vivent toutes ces belles choses et les mauvaises choses sont toujours pour moi ».
Bien sûr, notre perception devient alors sélective. Quand on a une telle pensée, on remarque beaucoup plus… Parce que dans la vie de tout un chacun, dans la vie quotidienne, des choses se passent mal : vous ratez le bus ; vous êtes coincés dans un bouchon ; vous perdez de l’argent. Oui, c’est ordinaire, mais si vous avez la pensée « c’est toujours à moi que les mauvaises choses arrivent », vous êtes particulièrement attentifs à ces choses. Elles vous confirment que la pensée est véridique.
Or, c’est une perception sélective de la réalité à travers l’écran du penser. La réalité vous le confirmera donc et pire encore, cette pensée ou toute pensée de ce genre attire des mauvaises choses, des choses négatives. Par exemple, si vous croyez que les gens sont essentiellement mauvais, si c’est une croyance profondément enracinée sans vous rendre compte que ce n’est qu’une pensée ou une croyance dans la tête, non seulement vous observerez et relèverez les comportements amoraux ou mauvais des autres et direz « Ah, je le savais », non seulement ça, mais vous risquerez d’autant plus de rencontrer des gens qui manifestent cette sorte de comportements, parce que vous les attirez.
C’est vraiment incroyable la façon dont les gens créent leur monde à travers ça. Donc, la libération survient quand vous sortez… en tout premier lieu quand vous mettez un peu d’espace en vous, la présence. À partir de là, vous vous rendez alors compte de certaines pensées comme étant répétitives et comme n’étant que des pensées : « C’est toujours à moi que les mauvaise choses arrivent ». Ah, la revoici. J’ai déjà eu cette pensée. Se libérer de l’ego, c’est se libérer des pensées, de l’identification avec les pensées. C’est la fin de l’ego. Il peut s’imposer à nouveau de temps en temps, mais il y a au moins l’éveil.
– E. – Qu’en est-il de vos pensées, de vos pensées habituelles ?
– Q. – Probablement que je dois tout faire parfaitement, que je dois comprendre et faire les choses justes.
– E. – Et si ce n’est pas parfait ?
– Q. – Je fuis. Je le vois souvent venir à l’avance et je m’enfuis avant.
– E. – Ah ah, oui !
Certains ont peur de ne pas réussir dans ce qu’ils font, parce que leur image de soi, tirée du penser, souffrirait trop. Si je ne réussis pas quelque chose, l’image de moi-même sera blessée et par conséquent, je ne vais même pas essayer. Et là encore, c’est parce que l’identité provient du penser. Même la pensée « j’ai échoué » est un mensonge. « Je suis un raté » est un mensonge encore plus grand. Vous n’avez pas échoué. Vous pouvez revoir ça et dire : « J’ai appris quelque chose ici ». « Que ce n’est pas pour moi », par exemple. Mais pourquoi croire aux mensonges que produit le mental ?
Comme vous le savez, beaucoup de gens vivent avec un mental très hostile. Ils pourraient du coup avoir une motivation beaucoup plus grande, on peut l’espérer, pour sortir de leur mental, mais je dois d’abord rappeler que leurs problèmes sont auto-créés, créés par le mental, et non pas créés par le monde.
Merci.
 
Histoires
Le fait de vous raconter toutes ces histoires et d’y croire est une habitude incroyable, une habitude profondément enracinée. J’utilise parfois l’expression « l’histoire de moi ». Elle sert à renforcer le sentiment de votre identité. La fin des histoires est le commencement dans votre vie d’une simplicité merveilleuse. Vous n’avez pas besoin de plaquer des histoires sur la réalité.
Cela s’applique aussi aux gens, les gens que vous connaissez, vos parents. Vous n’avez pas besoin de vous raconter et de vous reraconter les histoires concernant ce que vos parents ont fait, n’ont pas fait ou ont mal fait, ni vous concernant, ce que vous avez fait ou ce que vous n’avez pas réussi, en continuant de tirer votre identité du va-et-vient des pensées, du passé. Se libérer du passé et se libérer de l’identification avec le penser, c’est la même chose.
Là encore, la présence, la présence, la présence, c’est la sortie, la présence !
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mickael


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MessagePosté le: Dim 18 Oct - 21:27 (2015)    Sujet du message: Eckhart Tolle. Répondre en citant

merci papillon 
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Quelle tromperie au-dedans de cette sphère !
Avec ses soleils, ses lunes et avec son espace infini
En réalité fini ,
Avec ses milliards et ses milliards d’années, Qui ne sont rien auprès d’un instant éternel


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Papillon


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MessagePosté le: Mer 21 Oct - 19:11 (2015)    Sujet du message: Eckhart Tolle. Répondre en citant

Par Eckhart Tolle– Q. – Bonjour. Voici ma question : Comment est-ce que je maintiens un sentiment de présence quand je suis en compagnie d’une autre personne ? Comment est-ce que j’amène la présence dans la conversation ?
– E. – Merci. Pas facile !
Dès que vous commencez à parler, Le mental de l’un rencontre le mental de l’autre ; ils se renforcent mutuellement et un flot de pensées jaillit. L’instant d’avant, vous étiez présents et maintenant, quelqu’un se met à parler : « Oh, tu sais quoi ? . . . Tu sais ce qu’il a dit, ce qu’il a fait ? » « Oh, mon Dieu ! ». « Il fait tout le temps ça ! »
Là encore, ce qui est impliqué ici, c’est la perte de l’espace au cours de la conversation. Les deux participants de la conversation ont perdu toute notion de l’espace. Il n’y a que les mots, le mental, la verbalisation, le flot des pensées transformées en sons et ils en sont submergés. Cela a sa propre dynamique. C’est pratiquement une petite entité, un courant qui ne veut pas finir. Et il génère souvent des émotions dans le corps qui le renforcent l’amplifient. Le courant mental déclenche des émotions. Il le fait souvent, en particulier quand vous parlez de choses concernant les autres : ce qu’ils ont fait, ce qu’ils ont oublié de faire, ce qu’ils vous ont fait, ce qu’ils ont fait à d’autres, critiques, commérage, toutes sortes de choses émotionnelles.
L’ego intervient, parce que quand vous pouvez critiquer autrui, ce n’est rien de personnel. Cela appartient au courant mental. Quand vous critiquez autrui, l’ego se sent un peu plus fort. Vous avez un peu grandi, parce qu’en rabaissant autrui, dans le système illusoire de l’ego, vous avez un peu rehaussé votre propre image, parce que bien entendu, l’autre est inférieur. Toute critique d’autrui – « il est trop… Il n’est pas assez… » – tout ce qui anime cela, c’est le courant d’énergie. Ensuite, les émotions arrivent et en plus des pensées, la perte de l’espace.
Maintenant, pour que vous retrouviez l’espace, sans dire réactionnellement « je ne parle plus », . . . continuez de parler. Comment vous retrouvez l’espace ? D’abord, la première chose dont vous avez besoin, c’est vous rendre compte que vous avez perdu l’espace. Sans cela, je n’ai rien à vous dire, parce qu’il n’est rien que vous puissiez faire. Quand vous êtes à ce point emportés dans un flot de pensées que vous ne savez même pas que vous êtes emportés par un flot de pensées, il n’est rien que vous puissiez faire.
« Pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font ». Vous êtes inconscients. Vous êtes le flot de pensées et en tant que flot de pensées, vous ne voulez pas qu’il finisse, parce que vous ne voulez pas votre propre fin. Chaque entité veut rester dans sa forme aussi longtemps que possible. Donc, quand vous êtes le flot de pensées, quand vous êtes ainsi identifiés à lui, il n’est rien que vous puissiez faire.
Or, tout devient possible avec la moindre conscience que vous avez perdu l’espace – « oh, il n’y a pas d’espace » – et cela se produira très probablement, plus la conscience émerge en vous, tandis que vous serez complètement immergé dans une conversation prenante. En pleine effervescence, vous vous rendez compte subitement de ce qui se passe. À cet instant, vous avez le choix, mais quel est votre choix ? Votre choix est d’amener de la présence, de l’espace dans le flot des pensées. Mais comment faites-vous ça ?
En tout premier lieu… Parce qu’évidemment, cela vous vient, non pas seulement de l’intérieur, de votre propre mental, mais cela vous vient également de l’autre personne . . . Or, la conscience est là : « OK, la présence, qu’est-ce que je fais ? » parce qu’après vous être rendu compte que vous aviez perdu l’espace, si vous ne faites rien, cela ne prendra que trois secondes avant de le perdre à nouveau. Il vous faut donc utiliser ces deux ou trois secondes où vous vous rendez compte de la perte de l’espace.
Vous allez donc faire quelque chose dans cet espace où vous avez la liberté d’agir. Donc, par choix conscient, vous retirez votre attention du penser, mais il vous faut alors l’ancrer autre part, autrement ça ne marchera pas. L’ancrer autre part, ce n’est pas dans le flot des pensées. Et vous choisissez, soit votre respiration, soit votre corps subtil, soit une perception sensorielle autour de vous dont vous devenez conscients. Mais en fait, en parlant à quelqu’un, il est probablement plus facile de choisir, soit votre respiration, soit votre corps subtil.
Donc, pendant que vous parlez ou en particulier quand vous ne parlez pas – mais même pendant que vous parlez – mettez votre attention sur le corps subtil. Vous pratiquez cela avant, quand les conditions sont plus favorables pour que vous puissiez le faire quand vous en avez besoin. Tournez-vous vers l’intérieur et sentez que votre champ d’énergie est vivant alors que vous êtes tranquillement assis. Et vous remarquez que vous ne pensez plus. Vous pouvez toujours écouter. La chose étonnante est que vous pouvez écouter quelqu’un sans penser, aisément, magnifiquement. Donc, vous écoutez, mais une partie de votre attention est réservée au champ d’énergie.
Vous avez donc retiré votre attention de vos pensées. Écouter ne requiert pas tant d’attention que ça ; il en faut juste assez pour comprendre ce qui est dit. Mais votre attention est en partie dirigée sur le champ d’énergie intérieur.
Vous pouvez le faire maintenant, alors que vous êtes assis là, tout en écoutant ces mots. Vous remarquerez qu’en étant assis là, vous pouvez être conscients de votre champ d’énergie intérieur à l’arrière-plan, pour ainsi dire, pour en sentir la vie partout dans le corps. Il y a peut-être des endroits que vous pouvez sentir plus fortement. Certaines personnes le sentiront davantage dans la poitrine ou dans les extrémités, mais si vous pouvez le sentir dans tout le corps, c’est magnifique, un ressenti global de vie à l’arrière-plan. Et c’est finalement sans forme. C’est déjà l’accès au sans-forme. Ce n’est plus le corps physique.
Ressentez cela pendant que vous êtes assis là et que vous écoutez. Ce faisant, vous sortez du flot des pensées. La qualité de l’interaction change alors immédiatement. Il se peut que l’autre personne ne remarque pas consciemment ce qui se passe et peut rester sur sa lancée pendant un moment. Cela ne veut pas dire non plus que vous ne
pouvez plus répondre, mais la façon dont vous répondrez, la qualité de votre réponse changera également. Vous ne contribuez plus à la négativité qu’on retrouve toujours dans les conversations. Et une certaine quiétude imprégnera également les mots que vous prononcez, même de l’espace entre les mots. Là encore, c’est si subtil que l’autre personne ne le remarquera probablement pas de façon consciente.
Donc cramponnez-vous au corps subtil. Prenez-le comme ancrage. Vous devenez alors présents. Vous êtes présents. Et si vous le reperdez, l’autre personne disant quelque chose qui vous réactive, vous vous en rendez compte après un petit moment : « Oups ! » Et vous êtes revenus au corps subtil. C’est un ancrage puissant et tout change alors à partir de là. La pratique, la pratique, la pratique continuelle. Parce que, quand vous êtes en contact avec le corps subtil, c’est vraiment spacieux. C’est l’énergie. C’est le commencement du sans-forme. Je dis que c’est le mi-chemin entre la forme et le sans-forme. Le ki ou l’énergie vitale est le pont entre le sans-forme et le monde de la forme. Quand vous sentez le ki dans la vie intérieure, vous allez dans le sans-forme : « Ah ! » C’est déjà magnifique. Même à mi-chemin sur le pont, c’est magnifique.
Faites la même chose au téléphone, quand vous êtes au téléphone avec quelqu’un. Faites-le en écoutant. Au téléphone, puisque vous ne voyez pas l’autre personne, vous pouvez également utiliser les perceptions sensorielles comme ancrage. Les perceptions sensorielles, la conscience des perceptions sensorielles, la conscience aiguë des perceptions sensorielles est un ancrage puissant de la présence.
Donc, quand vous êtes au téléphone, ayez peut-être une fleur près de vous ou vous regardez le ciel par la fenêtre. Cela peut être n’importe quoi. Même un objet inanimé peut faire l’affaire. C’est plus facile si vous prenez quelque chose de naturel, mais vous pouvez prendre n’importe quoi d’autre, un beau verre… Quoi que ce soit, soyez-en pleinement conscients pendant que vous écoutez. Votre attention est ainsi retirée du penser. Vous pouvez voir la beauté du ciel pendant que vous écoutez votre ami, si c’est un ami. Si c’est quelqu’un qui vous accuse ou qui se plaint, c’est même encore plus important, évidemment. C’est un plus grand défi. Plus l’autre personne est inconsciente, c’est-à-dire plus elle est identifiée au courant mental, aux émotions et aux réactions, et plus le défi est grand.
J’ai remarqué que, quand je rencontre par hasard des gens complètement inconscients, déséquilibrés mentalement, totalement identifiés à leur mental, je ressens toujours un changement automatique de l’intensité de la présence dans tout le corps. Ce n’est pas l’effet d’une décision prise, cela se produit naturellement et souvent, à ce moment-là, la personne devient plus sensée. C’est ce qui se passe quand vous êtes intensément conscients.
J’ai vu des choses miraculeuses se produire chez des gens, en étant intensément présent. C’est vraiment quelque chose qui permet la guérison, une guérison profonde, pour vous-mêmes et pour tout ce qui vous entoure, tout ce qui entre dans ce champ. Et cela affecte probablement même d’autres que vous ne voyez pas. Être très intensément présent. Plus on est provoqué et plus on est présent. Il en va de même avec les situations, les circonstances. Certaines sont provocatrices, menaçantes. C’est le combustible dont nous avons parlé, le combustible de la conscience. Le défi, la provocation devient le combustible de la conscience. Plus grand est le défi et plus intense est la conscience. Il n’y a pas d’efforts en cela bien sûr, parce que la présence n’est pas un effort, mais c’est une énergie immense . . .
Donc, si vous partez d’ici et que soudainement – prenons un cas extrême – toute la ville se désagrège autour de vous, vous seriez . . . Et peut-être ne vous reste-t-il que quelques secondes avant que votre corps se désagrège également, mais . . . cela n’a plus d’importance
Une fois qu’un certain niveau de conscience est atteint, les défis intensifient la conscience. Tant que ce niveau de conscience n’est pas atteint, les défis affaiblissent votre conscience et vous ramènent dans les réactions inconscientes. Il y a donc un certain seuil. Quand une personne atteint ce seuil, tout défi qui se présente renforce simplement la conscience, l’intensifie, mais avant d’avoir atteint ce seuil, quand vous êtes provoqués par une situation ou par une personne, vous tombez dans une réaction inconsciente et vous perdez la présence.
Donc, le défi, toute circonstance problématique peut vous faire perdre la présence ou intensifier la présence. Et quand vous êtes là, sur le seuil, vous avez le choix. En plein défi, vous voyez : « Oups ! Est-ce que je vais chuter ou est-ce que je vais m’élever ? OK ! ». Ce sera beaucoup plus facile. Et la présence n’est pas juste quelque chose qui concerne ce qui se passe en vous. Elle affecte vraiment ce qui se passe aussi à l’extérieur.
Et par la non-réaction, ne voulant pas dire que vous ne posez pas tout acte nécessaire dans une circonstance problématique, mais par la non-réaction intérieure à la chose, en l’absence de cela, la situation change très rapidement, parce que la réaction contre amplifie, empire ce qui arrive dans votre vie. Et très souvent, la réaction est bien pire que l’événement. Je suis souvent étonné de voir combien les petites choses déclenchent chez les gens des réactions négatives énormes, vraiment de toutes petites choses, complètement insignifiantes. Et pourtant : . . . C’est complètement hors de proportion avec l’événement déclencheur.
Maintenant, les gens se méprennent parfois sur la non-réaction. Ils croient qu’elle revient à mettre une sorte de barrière et certains essaient même de l’envisager de cette façon, mais ce n’est pas ça. Ils se disent : « OK, je ne vais pas réagir à ce qui se passe avec cette personne ou à cette situation ». Je ne vais pas me laisser affecter. Rien ne peut me toucher ». Ce n’est pas ça le résoudre par la présence. Avec la présence, c’est davantage être transparent à la chose plutôt que d’essayer de la contrôler ou de la combattre.
Disons que quelque chose vient vers vous, métaphoriquement . . . Au lieu de faire . . . vous le laisser passer à travers vous ou vous vous mettez au moins doucement de côté. Quelqu’un vient . . . ou il traverse directement : « OK ! »Et ne pas alimenter la situation qui provient de facteurs inconscients, de l’inconscience. Ne pas l’alimenter par la réaction. Elle est puissante.
La plupart du karma, ce que nous appelons karma et qui est en réalité l’accumulation des réactions inconscientes, les schémas réactionnels, les schémas mentaux émotionnels… Les gens pensent que le karma est ce qui nous arrive, ce qui est vrai dans une certaine mesure, mais le karma, ce sont essentiellement les réactions à ce qui arrive. Votre réaction à ce qui arrive maintenant détermine ce qui arrive ensuite.
Souvent, des situations qui seraient relativement insignifiantes pour certaines personnes déclencheront chez d’autres une énorme réaction. Elles déclenchent leur karma. Ils sont donc malheureux dans certaines situations où d’autres personnes diront simplement : « Eh bien, laissons ça ! ». Les premiers sont extrêmement réactifs. Je peux le voir parfois quand des gens se mettent en colère contre moi. Habituellement, ça concerne quelque chose que je n’ai pas fait ou que j’ai oublié de faire : « Vous n’avez pas répondu à mes lettres. Je vous ai écrit trois fois et vous n’avez toujours pas répondu. Je me sens complètement déshonoré », que sais-je encore ! Toute une histoire : « Je me sens méprisé, pas respecté », une histoire qui culpabiliserait tout le monde.
Ils ne comprennent pas, d’abord que j’ai un retard de plusieurs milliers de lettres. Ils le prennent personnellement. C’est une chose naturelle. D’autres pourraient dire : « Je vous ai écrit, vous ne m’avez pas répondu et c’est OK. J’ai en fait trouvé ma propre réponse, merci infiniment ». Il ne se passe rien là et d’autres se sentiront complètement rabaissés dans leur sentiment de soi, parce que je n’ai pas répondu. Là encore, cet énorme… Je suis désolé si c’est vous. Donc, veuillez prendre ça comme réponse !
Juste après avoir écrit « Le pouvoir du moment présent », on m’a conseillé de l’envoyer à des gens célèbres pour qu’ils le lisent et en disent du bien. Je l’ai donc envoyé à Deepak Chopra, Marianne Williamson et un ou deux autres, et je n’ai rien reçu d’eux. Ce n’était pas un problème, je n’ai pas de karma dans ce sens. Je ne me suis pas senti rabaissé dans mon sentiment du soi, parce que Deepak Chopra ne m’avait pas répondu, mais je lui avais envoyé et je me suis effectivement demandé pourquoi il ne m’avait pas répondu.
Bien sûr, je sais maintenant pourquoi il n’a pas répondu : il reçoit des milliers et des milliers de choses comme ça. Tous les jours, il arrive des livres et des manuscrits : « Voudriez-vous bien écrire quelque chose sur mon livre ? ». Eh bien, il ne l’avait évidemment pas regardé. Beaucoup plus tard, quand ce n’était plus nécessaire, il l’a vu et écrivit quelque chose de gentil à son sujet.
Beaucoup plus tard, j’ai reçu une belle lettre de Marianne Williamson qui disait : « Je suis désolé, je ne suis pas parvenu à écrire. J’étais censée écrire une préface pour « Le pouvoir du moment présent », mais il se passait tellement de choses dans ma vie que je n’ai pas pu m’y mettre. Je suis désolé de ne pas vous en avoir informé ». Quand j’ai reçu cette belle lettre, j’avais complètement oublié que je l’avais sollicitée. C’étaient des années plus tard. Mais c’était charmant de la recevoir.
Donc, la réaction, prendre les choses personnellement et y réagir, trouver énormément de souffrance dans une circonstance banale qui est en elle-même insignifiante… La souffrance surgit de sa propre réaction à la situation et c’est le karma. Cela détermine la façon dont on perçoit le moment suivant et ainsi de suite. La libération de la réaction est la libération du karma. Et c’est la présence. Et c’est la disparition progressive du karma, de tous les vieux schémas dont on a hérité et que l’on porte en soi.
À chaque fois que vous avez un problème avec quelqu’un, quand vous accusez quelqu’un qui a fait ceci, oublié de faire cela, quand vous vous plaignez de quelqu’un, c’est toujours une forme d’ego et d’inconscience. C’est là où, je suppose, nous parlons de pardon. S’il reste quelqu’un dans votre vie envers qui vous conservez de la rancune ou du ressentiment, il vous faut regarder là. Cela fait partie de votre karma toujours à l’oeuvre et cela vous empêche le plein éveil. Toute rancune : cette personne a fait ça . . .
Rappelez-vous Marc Aurel : « Avec cette bouche et ces aisselles !… »
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